Un Chaux-de-Fonnier jugé pour avoir potentiellement tué son « meilleur ami »

Une dispute a mal tourné début janvier 2024 dans un appartement de Fleurier. Le locataire a ...
Un Chaux-de-Fonnier jugé pour avoir potentiellement tué son « meilleur ami »

Une dispute a mal tourné début janvier 2024 dans un appartement de Fleurier. Le locataire a été retrouvé mort quelques jours plus tard. L’agresseur a comparu devant le Tribunal criminel pour homicide par négligence et sa petite amie d’alors pour omission de porter secours.

La justice neuchâteloise tranchera le 2 mars dans cette affaire.  La justice neuchâteloise tranchera le 2 mars dans cette affaire. 

Un Chaux-de-Fonnier de 41 ans prévenu notamment d’homicide par négligence a comparu ce lundi à Boudry devant le Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers. Il risque sept ans de prison, principalement pour avoir violemment frappé son « meilleur ami » au domicile de ce dernier à Fleurier, un soir de début janvier 2024. La victime était tombée en arrière et s’était cognée la tête à la petite table du salon. L'homme avait pu se relever, mais quelques jours plus tard, son corps avait été découvert, allongé sans vie sur le canapé. L’agresseur avait quitté l’appartement le lendemain de l’altercation, sans se préoccuper de l’état de santé de son hôte. « Je m’en veux énormément. Je l’adorais beaucoup, ça me fait mal qu’il ne soit plus là. Mais je me demande toujours si mes coups sont la cause de son décès, vu qu’on l’a retrouvé plusieurs jours plus tard et qu’il avait des problèmes de santé », a déclaré le quadragénaire au tribunal. 


« Père indigne »

Pour quelle raison la dispute a-t-elle éclaté ce soir-là entre les deux amis ? Parce que, a dit le prévenu ce lundi pour la première fois depuis le début de l’instruction, « il m'a traité de père indigne ». Sa réponse dans le feu de l'action : deux violents coups de poing. Des coups qui ont provoqué des lésions au cerveau entraînant probablement la mort, selon l’analyse médico-légale. Une peine de 13 mois de détention est requise contre la petite amie d’alors du prévenu, qui aurait dû « à tout le moins » appeler les urgences, estime le Ministère public. Celle-ci a évoqué une dispute à propos d'une somme de 100 francs comme point de départ de l'altercation.


Des personnes « marginalisées »

Les deux accusés admettent le déroulement des faits. La petite amie avait demandé à son hôte s’il fallait appeler une ambulance, mais la victime avait refusé. Le Ministère public estime que les prévenus étaient conscients d’une possible issue fatale. L’avocate du principal accusé, estime, elle, que les trois protagonistes n’ont pas saisi la gravité de la situation. Elle demande une peine de quatre ans de prison pour son client. L’autre mandataire a plaidé l’acquittement de sa cliente, estimant que « le dossier ne permet pas d’affirmer que ce sont les coups qui ont causé la mort ».

Cette affaire se déroule sur fond de misère sociale, décrite par l’avocate du prévenu. Elle a parlé d’un « milieu particulier, de personnes marginalisées traînant à la gare [de La Chaux-de-Fonds], qui boivent, prennent des drogues, un milieu dans lequel on se tape, on s’injurie, avant de partir bras dessus, bras dessous ». 


Espérer « une meilleure vie »

Le prévenu a passé sa scolarité obligatoire dans un foyer au Locle, il est tombé dans l’alcool et les drogues dès l’adolescence, il a longtemps travaillé dans le polissage avant d’entrer à l’aide sociale. Son avenir, lui qui vit en ce moment chez une amie à Neuchâtel, il le voit en  prennant son appartement et en essayant d’avoir « une meilleure vie ».

Le prévenu a déjà purgé neuf mois de prison par le passé. Il risque la révocation du sursis pour plusieurs délits mineurs, tout comme son ex-petite amie. Le jugement sera rendu le 2 mars. /vco


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