Ce nouveau défi consiste à supprimer les réseaux sociaux pendant toute la durée du mois de février, à l’image du populaire « Dry January ». Pour les créateurs du mouvement, cette déconnexion est un gain de temps. Mais le spécialiste du numérique, Stéphane Koch, n’est pas du même avis.
Seriez-vous capable de supprimer tous vos réseaux sociaux pendant 28 jours ? C’est en tout cas ce que propose le défi « Off February » depuis début février. Le mouvement s’inspire du « Dry January », défi populaire qui consiste à ne plus boire d’alcool pendant le mois de janvier. Mais en février, c’est la présence en ligne qui est remise en question.
L’initiative a été lancée par le « mouvement Off », créé par l’entrepreneur franco-espagnol Diego Hidalgo. Son objectif affiché : combattre « l’aliénation numérique croissante pour aider à reprendre le contrôle, ensemble », peut-on lire sur le site internet dédié à ce défi. On y trouve également une donnée, mise particulièrement en avant : en moyenne, nous passerions 54 heures par mois à scroller sans fin sur les réseaux sociaux.
Pour participer, les règles sont simples : « Supprimez toutes les applications qui vous font perdre plus de temps qu’elles n’en apportent. » Mais pas besoin, pour autant, de supprimer définitivement ses comptes. Et : « si vous en avez besoin, accédez-y depuis un ordinateur », peut-on également lire.
Une proposition qui fait débat
Mais se priver, est-vraiment la solution pour gérer sa consommation ? Ce n'est en tout cas pas l'avis du spécialiste dans le domaine du numérique, Stéphane Koch. Interrogé sur ce nouveau défi, il affirme n’y voir « ni un mode d’apprentissage, ni un mode de compréhension ». Pour l’expert, les bénéfices d’une telle déconnexion peuvent ni plus ni moins consister en une évaluation du temps que l’on passe en ligne : « Dans quelle mesure est-on en contrôle de cette utilisation et dans quelle mesure la technologie est-elle en contrôle de nous ? »
Stéphane Koch : « Le retrait des plateformes, je ne vois pas trop l'intérêt. »
« Oui, on passe plus de temps en ligne qu’avant, mais c’est parce que le numérique s’impose beaucoup plus dans nos vies », ajoute Stéphane Koch. Aujourd’hui, selon lui, certaines informations ne sont accessibles pratiquement plus qu’en ligne. C’est également le cas d’un pan entier de nos vies sociales. « Il y a plein d’interactions propres à l’environnement en ligne qui contribuent à la construction sociale de l’individu », avance le spécialiste en précisant que cette vie sociale numérique requiert évidemment de la prudence.
« Demander à des jeunes de se passer des réseaux sociaux pendant un mois, c'est un peu une réflexion de daron. »
Quant à la comparaison qui est faite entre le « Dry January » et le « Off February » : « c’est un parallèle que je ne me permettrais pas de faire », admet-il encore. « L’alcool est une substance addictive, dangereuse pour la santé après seulement un verre, selon certaines études. On n’en est pas là avec les réseaux sociaux », déclare le spécialiste. Stéphane Koch ajoute que si la privation n’est pas la solution, l’important réside en revanche dans la mise en place d’un encadrement et d’un accompagnement de la présence en ligne, notamment pour les plus jeunes.
« On ne peut pas laisser les gens livrés à eux-même face à l'utilisation de ces outils numériques, d'autant plus quand ils sont jeunes. »
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