Résistance ou séduction pour les nouveaux cépages ?

De nouveaux cépages pour résister aux maladies fongiques de la vigne. C’est bien pour l’environnement ...
Résistance ou séduction pour les nouveaux cépages ?

De nouveaux cépages pour résister aux maladies fongiques de la vigne. C’est bien pour l’environnement. Mais producteurs et consommateurs doivent encore être conquis par ce vin nouveau juge Remy Reymond, directeur de la station viticole, à Auvernier.   

Sept nouveaux cépages se caractérisent par leur résistance aux principales maladies fongiques de la vigne, oïdium et mildiou. (Photo libre de droits). Sept nouveaux cépages se caractérisent par leur résistance aux principales maladies fongiques de la vigne, oïdium et mildiou. (Photo libre de droits).

Ils se nomment Forisia, Elaris, Olleris, Damona, Valpesia, Dioniso et Taranis : ces sept nouveaux cépages se caractérisent par leur résistance aux principales maladies fongiques de la vigne, oïdium et mildiou. Ils ont été homologués après 17 ans de travail de sélection par Agroscope. Leur développement est le fruit d’une collaboration entre le centre de recherche de la Confédération et son équivalent français, l’INRAE. Ces cépages résistants nécessitent un à deux traitements phytosanitaires par année contre une dizaine habituellement, soit une diminution de plus de 80% et un impact sérieusement amoindri sur l’environnnement. Selon Agroscope, ces variétés présentent en plus une haute qualité œnologique. Sensibiliser les amateurs de vins à de nouvelles approches gustatives constitue en revanche une autre paire de manches : « Nous sommes habitués à déguster des vins issus de Vitis vinifera. Et les vins résistants proviennent d’une autre espèce de vigne et ils présentent des profils aromatiques différents. Il faut s’y habituer », relève Rémy Reymond, directeur de la station viticole cantonale, à Auvernier.

Rémy Reymond : « Le profil aromatique est changé. » 

Les producteurs, eux, sont rattrapés par une réalité économique. Il faut compter au minimum trois ans après plantation pour qu’une vigne devienne productive et son exploitation rentable. Les investissements à réaliser sont conséquents. En plus, rien n’indique que le vin séduira le consommateur. Sa qualité gustative dépend aussi du terroir. A se demander si les vignerons neuchâtelois sont enclins à planter ces nouveaux cépages : « Ils sont réceptifs pour les causes environnementales, mais ils sont relativement réticents sans connaître l’accueil des consommateurs », relève encore Rémy Reymond  

« L’enthousiasme des producteurs est, semble-t-il, modéré. » 

Pinot noir et Chasselas tiennent toujours la corde dans le canton. Les nouveaux venus ne représentent souvent que des marchés de niche. En plus, ils ne détiennent pas l’appellation d’origine contrôlée, l’AOC, qui caractérisent la région : « C’est vrai que sans AOC, cela peut péjorer l’image que l’on pourrait avoir de ces nouveaux cépages. » 

« L’attribution des AOC sont de compétence cantonale. » 

Les incertitudes financières liées à l’exploitation de nouveaux cépages freinent sans doute les producteurs à se lancer dans leur plantation. A fortiori, la station viticole cantonale doit peut-être s’inscrire en précurseur : « On ne peut pas tout tester. On va probablement continuer nos essais agronomiques avec ces nouveaux cépages pour en définir l’adéquation avec le terroir neuchâtelois. » 

« On ne va pas non plus planter tout et n’importe quoi. »

Nouveau cépage on non, c’est à vrai dire la baisse drastique de consommation de vin qui inquiète déjà tous les milieux concernés. /mne 


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