Le harcèlement pourra être signalé en ligne à Neuchâtel

Malgré un léger recul par rapport à 2019, 85% des personnes se sentent en sécurité dans le ...
Le harcèlement pourra être signalé en ligne à Neuchâtel

Malgré un léger recul par rapport à 2019, 85% des personnes se sentent en sécurité dans le canton de Neuchâtel, selon un sondage. Pour améliorer le sentiment de sécurité, la population neuchâteloise pourra dès ce printemps signaler, y compris anonymement, les comportements de harcèlement en ligne. Des caméras sont aussi envisagées dans certains lieux pertinents de l'espace public.

Malgré un léger recul depuis 2019, la population du canton de Neuchâtel se sent en sécurité. (Photo d'illustration : archives) Malgré un léger recul depuis 2019, la population du canton de Neuchâtel se sent en sécurité. (Photo d'illustration : archives)

Bien que le sentiment de sécurité ait légèrement diminué depuis 2019, 85 % des personnes se sentent en sécurité dans le canton de Neuchâtel, et dès ce printemps, la population pourra signaler anonymement les comportements de harcèlement en ligne. L’installation de caméras est également envisagée dans certains lieux stratégiques de l’espace public. « La confiance envers la police neuchâteloise et la satisfaction restent élevées », a déclaré mardi Céline Vara, conseillère d'Etat en charge de la police. Ce deuxième sondage montre que 79% des répondants estiment que la police écoute leur préoccupation et que 92% d'entre eux sont satisfaits de la qualité de vie dans leur quartier ou village.

Par rapport à 2019, le sentiment d'insécurité a augmenté de manière générale d'environ 4% dans le monde physique. « Cette évolution résulte notamment de la hausse du vol à l'astuce et de l'escroquerie, en lien avec le phénomène des faux policiers », a expliqué Sami Hafsi, commandant de la police neuchâteloise.

La cybercriminalité inquiète aussi davantage la population qu'en 2019. Près de 60% des répondants craignent des atteintes à leurs biens sur Internet, notamment des escroqueries ou l’usage frauduleux de moyens de paiement.


Sami Hafsi : « Une bonne partie de la population surévalue le risque. »

Dans l'espace physique, le sentiment d'insécurité augmente également, même si les taux de victimisation (personnes ayant effectivement été victimes) restent globalement stables. « Les cambriolages sont par exemple en baisse mais la peur d'être cambriolée a augmenté », a précisé Simon Baechler, chef de la police judiciaire.


Centres fédéraux d'asile : inquiétudes

Pour 67%-68% des habitants des communes de Boudry et des Verrières et de celles proches des centres fédéraux d'accueil (CFA) de requérants, la sécurité s'est dégradée ces dernières années. « Si la situation de criminalité de l'asile s'améliore, elle n'est pas en adéquation avec le ressenti de la population, qui dénonce peut-être un ras le bol », a ajouté le commandant de la police. Les problèmes de 2020 (opération Litto), avec notamment des vagues de vol à l'arraché, ont aussi marqué les esprits.

Le centre des Verrières pour requérants récalcitrants a fait aussi beaucoup réagir l'an dernier et il a été finalement fermé à fin novembre par la Confédération. Pour le CFA de Boudry, « nous n'allons pas mettre de côté cette question et voir quelles mesures peuvent être prises », a ajouté Céline Vara.

« Pour combler le delta entre le sentiment de sécurité et la réalité, le canton va notamment mettre en place ce printemps un dispositif en ligne, via le portail électronique de l'Etat, permettant de signaler les comportements de harcèlement », a expliqué la conseillère d'Etat. Cela devrait permettre à la police d'avoir une meilleure connaissance du terrain, pour pouvoir intervenir de façon plus ciblée.

Les personnes pourront inscrire en ligne un signalement de façon anonyme et sans devoir déposer une plainte pénale. Elles décideront elles-mêmes, si elles souhaitent que la police les recontacte. Même les touristes de passage, à l'aide d'un QRcode, pourront déposer un signalement.

Céline Vara : « Ça permet d’identifier les lieux qui sont problématiques, les moments de la journée et adapter la réponse policière sur le terrain. »

Caméras de sécurité

Un autre moyen serait d'installer des caméras de sécurité dans des lieux perçus comme préoccupants. Le sondage montre que 72% des personnes seraient favorables à l'augmentation de caméras dans l'espace public. « On ne va pas en installer partout », a expliqué Sami Hafsi.

« Actuellement, il y a des caméras dans les gares notamment mais pas de réseau de caméras qui maille l'espace public », a précisé Simon Baechler. « On va entamer des discussions avec des communes et des particuliers » pour voir si de nouvelles caméras pourraient être installées, a ajouté Céline Vara.

Dans ce sondage, la police s’est aussi intéressée aux victimes d’infraction qui renoncent à les signaler aux forces de l’ordre. Les raisons évoquées vont du sentiment que le cas n’était pas suffisamment grave à la volonté de ne pas perdre de temps avec des démarches administratives, en passant par la peur de représailles, par exemple.

Simon Baechler : « Pour la plupart des phénomènes, les raisons sont praticopratiques. » 


Le sondage a été confié à des experts indépendants, dont notamment l'Ecole des sciences criminelles de l'Université de Lausanne. Au total, 14'000 personnes sélectionnées au hasard ont été invitées à participer à ce sondage, qui a vu son taux de participation s’élever à 18%, ce qui a permis d'assurer une bonne représentativité de la population en termes d'âge, de genre et de commune de domicile. /ATS-cwi


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