Les mille et une vies d’une maison chaux-de-fonnière

Auberge, maison d’horloger, décor d’un roman, Belle-Maison au numéro 59 de la rue de Jérusalem ...
Les mille et une vies d’une maison chaux-de-fonnière

Auberge, maison d’horloger, décor d’un roman, Belle-Maison au numéro 59 de la rue de Jérusalem possède un riche passé. Et sa vie n’est pas terminée. Le bâtiment vient d’être vendu à une coopérative d’habitation.

Presque 300 ans après sa construction, Belle-Maison est toujours debout. Depuis l'automne 2025, elle est en main d'une coopérative d'habitation. Presque 300 ans après sa construction, Belle-Maison est toujours debout. Depuis l'automne 2025, elle est en main d'une coopérative d'habitation.

Elle a abrité des voyageurs et des horlogers notamment. Elle a vu son toit soufflé par le cyclone de 1926. Elle aurait dû devenir une maison de retraite dans la première partie du 20e siècle. Elle servira désormais de lieu de vie pour une coopérative d’habitation. L’immeuble situé au numéro 59 de la rue de Jérusalem à La Chaux-de-Fonds, appelé Belle-Maison, a connu plusieurs vies.

La présence d’une ferme construite sur l’ancienne route qui mène de Biaufond aux Planchettes remonte au début du 18e siècle. Mais les premières preuves physiques de son existence datent de 1738. Abram Huguenin, qui a transformé la bâtisse, a installé un cartouche au-dessus de la porte avec la mention de cette année, ses initiales et ceux de son épouse. À cette époque, la maison abrite une auberge, « l’Aigle couronné ». Cette maison « répond aux exigences du climat [avec] un toit en pente douce, des murs épais, des pare-vents », explique Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine de la Métropole horlogère.

En 1786, l’immeuble est racheté par un autre Abram Huguenin. Celui-ci est maire de La Sagne, fabricant et négociant en horlogerie. Sa famille obtient le titre d’« horlogers du roi de Prusse et de la cour ».

La bâtisse passe de main en main et acquiert son nom de Belle-Maison au début du 19e siècle. En 1802, elle est habitée par David-Louis Huguenin. Il y fait d’importantes transformations « documentées par des registres conservés au Musée d’histoire ».

Belle-Maison continue au fil des ans à changer de propriétaires, l’horloger Henri Montandon, le notaire Jules Cuche puis, en 1901, elle est acquise par Charles Vielle-Schilt. Celui-ci procède à de nombreux et importants agrandissements. Le mandat d’architecte est confié à Sylvius Pittet. On lui doit la réalisation de « plus de 40 bâtiments à La Chaux-de-Fonds ».

À sa mort, Charles Vielle-Schilt lègue Belle-Maison à la Ville, souhaitant la voir transformée en maison de retraite. Faute de moyens, ça ne sera jamais le cas. Les trois appartements de l’immeuble sont loués.

Sylvie Pipoz : « Cette maison passe de famille en famille. »  

En 1926, les Montagnes neuchâteloises sont touchées par un cyclone. Le bâtiment de la rue de Jérusalem 59 n’échappe pas aux éléments. Son toit est ravagé par des vents violents, mais sa charpente peut être réparée.

« Le toit est arraché par le cyclone. »

Malgré les différents agrandissements et transformations, le bâtiment reste homogène, souligne Sylvie Pipoz. En 2022, Belle-Maison est mise sous protection par le Canton de Neuchâtel.

« Sa valeur patrimoniale doit être conservée. »

Dans un registre plus littéraire, le bâtiment apparait dans les romans du Cycle des Alérac de Monique Saint-Hélier à la fin des années 1930.

« Il y a quelques descriptions du bâtiment de l’intérieur et de l’extérieur. » 

En octobre de l’année dernière, la Ville de La Chaux-de-Fonds a vendu Belle-Maison à une coopérative d’habitation. La Métropole horlogère reste propriétaire du sol et bénéficie d’un droit de préemption. /cwi

L'arrière de Belle-Maison. L'arrière de Belle-Maison.


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