Le Théâtre de Colombier, à Milvignes, s’est transformé pour accueillir plusieurs postes de jeu vidéo jeudi et vendredi. Au programme : reproduire la commune à l’identique sur Minecraft, se retrouver autour d’une partie de Mario Kart ou encore de FIFA.
Julie Matthey, déléguée à la culture, aux loisirs, au sport et au tourisme, était sur place. « L’objectif, c’est d’ouvrir le théâtre à la culture numérique pour faire venir un public différent, ouvrir le dialogue et permettre aux parents de comprendre comment on joue. Qu’ils puissent jouer ensemble, mais aussi échanger avec les animateurs sur les bonnes pratiques et les risques », explique-t-elle.
Créateur de l’association Lesa, qui collabore avec la commune sur ce projet, Gaëtan Van Beek supervise l’espace Minecraft. Sur la grande scène, une douzaine d’ordinateurs sont alignés. Des enfants, âgés pour la plupart de 9 à 12 ans, y sont concentrés. Contre le mur, le jeu est projeté en temps réel : on y distingue la localité, composée de petits blocs virtuels.
« On a douze jeunes qui reproduisent la structure de Milvignes. On n’arrivera pas, en deux fois quatre heures, à faire quelque chose de très réaliste, mais le but, c’est qu’ils s’amusent et qu’ils travaillent sur quelque chose de cohérent. Il faut qu’ils s’amusent, mais avec un cadre pédagogique », souligne Gaëtan Van Beek. Devant lui, les écrans retransmettent les constructions en cours. « Ce qui est intéressant, c’est que le rapport à la ville peut aussi interpeller les parents. Là où les enfants peuvent parfois avoir de la peine à se repérer, les parents peuvent aider. On se base sur ce qu’ils connaissent », ajoute-t-il.
Un peu plus loin, Adrien Fabié, coordinateur des activités socioculturelles de la Commune de Milvignes, revient sur la genèse du projet. « À la base, c’est une idée des jeunes », affirme-t-il. « Les outils numériques façonnent aujourd’hui nos vies, et je pense qu’il est important de garder le côté réel de ces outils : partager des moments, tout en se questionnant sur les usages du numérique. »
Il précise encore : « Ce n’est pas un espace où l’on entre dans la singularité des situations. C’est pour cela que nous avons créé un système qui permet, avec l’accord des parents, de reprendre contact avec eux et les jeunes afin de proposer des ressources et des outils dans un cadre constructif et non intrusif, en respectant la sphère des jeunes. »
Et de conclure : « Le théâtre, c’est aussi l’univers du jeu. L’idée est de montrer et de proposer des choses. Cela peut aussi permettre à des jeunes de venir, de regarder et de découvrir le théâtre autrement. » /raf









