Le ciel s’est définitivement assombri au-dessus de la Boulangerie-Pâtisserie Pierre. La société basée à Renan, qui compte près d’une dizaine de points de vente dont certains sur sol neuchâtelois, a demandé sa mise en faillite. La procédure a été menée par l’intermédiaire de l’avocat neuchâtelois Frédéric Hainard début décembre auprès du Tribunal régional de Moutier, qui est aujourd’hui installé à Bienne.
Les démarches pourraient prendre un certain temps avant d’aboutir, selon Frédéric Hainard. L’enseigne ayant elle-même demandé sa mise en faillite, elle doit fournir plusieurs éléments sur sa comptabilité, explique-t-il.
Parallèlement à cette procédure, deux enseignes ont pourtant rouvert leurs portes en début d’année : celle de la gare de La Chaux-de-Fonds et celle de La Coudre à Neuchâtel. Pour l’avocat, cette situation n’a rien de paradoxal. Cela permet « d’éviter que les dettes ne s’aggravent. Vous avez des loyers tous les mois à payer et pas d’argent qui rentre. » Selon lui, ouvrir ces magasins doit permettre de payer quelques salaires, ainsi que l’avance de frais de 5'000 francs que demande le tribunal.
Frédéric Hainard : « L’avantage en ouvrant, selon les organes de Boulangerie Pierre, c’est de récolter un peu d’argent pour payer une partie des loyers et diminuer ainsi la dette. »
La Boulangerie-Pâtisserie Pierre était née sur les cendres du Fournil de Pierre, dont la faillite avait été prononcée le 5 juin 2025. La nouvelle enseigne a connu de nombreuses difficultés depuis ses débuts. Les laboratoires récupérés n’étaient pas tous aux normes et ont dû subir des travaux sur demande du Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV). « Il y avait des magasins, mais pas d’organes de production. Maintenant, il y a des organes de production, mais avec des pertes financières qui ne permettent d’ouvrir que deux établissements sur les neuf qu’a Boulangerie Pierre », résume Frédéric Hainard.
« C’est, je pense, une succession de difficultés, une succession de problèmes qui font que Boulangerie Pierre Sàrl n’a pas pu démarrer comme elle l’aurait souhaité. »
En parallèle, des procédures ont été lancées par les syndicats aussi bien à l’encontre de l’ancien Fournil de Pierre que de la Boulangerie Pierre, notamment pour des salaires impayés. La situation se divise en deux phases, selon Céline Dupraz, juriste en charge du dossier pour Unia.
Des procédures de conciliation ont été lancées après la faillite du Fournil de Pierre concernant les délais de congé. Une deuxième phase porte sur des employés dont certains salaires n’ont pas été payés, qui ont uniquement travaillé pour la Boulangerie Pierre. Dans ce cadre, des réquisitions de poursuite ont été déposées, explique Céline Dupraz. Pour ce deuxième type de collaborateurs, « la faillite pourrait simplifier les choses », dit-elle.
La Caisse cantonale neuchâteloise d’assurance chômage (CCNAC) espère elle aussi récupérer un jour un montant qui avoisine le demi-million de francs versé sous forme d’indemnités pour insolvabilité. Cet argent avait servi à payer les employés du Fournil de Pierre, qui n’avaient pas été rémunérés pour les heures travaillées jusqu’à la faillite de cette première enseigne.
Ces multiples procédures, « c’est compliqué », admet Frédéric Hainard. D’autant plus qu’un élément n’a toujours pas été tranché : celui de savoir s’il y a eu ou non transfert de société entre le Fournil de Pierre et la Boulangerie-Pâtisserie Pierre. Si tel est le cas, il s’agirait d’une faillite frauduleuse. Cet élément a « un impact sur toutes les procédures de Prud’hommes », indique Frédéric Hainard. Pour l’heure, ce sac de nœuds ne semble pas près d’être démêlé. /sbm









