Les espèces exotiques envahissantes : une véritable menace ?

C’est la question abordée ce mercredi soir au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel. Le ...
Les espèces exotiques envahissantes : une véritable menace ?

C’est la question abordée ce mercredi soir au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel. Le biologiste Daniel Cherix, professeur honoraire de l’Université de Lausanne, y donne une conférence consacrée à ces espèces venues d’ailleurs. Mais que connaît-on vraiment de leur impact en Suisse ?

Les coccinelles asiatiques font partie des espèces exotiques envahissantes qui ont un impact sur la biodiversité en Suisse. (Photo d’archives) Les coccinelles asiatiques font partie des espèces exotiques envahissantes qui ont un impact sur la biodiversité en Suisse. (Photo d’archives)

Espèces exotiques envahissantes, problème ou vraie menace ? Ce mercredi à 19h15, le Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel accueille une conférence dédiée à ces animaux et plantes qui se sont installés bien au-delà de leur lieu d’origine.

Souvent évoquées à travers des exemples très médiatisés, comme le moustique tigre ou le frelon asiatique, ces espèces restent pourtant encore mal connues du grand public. Pour illustrer la problématique, Daniel Cherix, biologiste et professeur honoraire de l’Université de Lausanne, prend l’exemple de la coccinelle asiatique : « Une coccinelle ressemble toujours à une autre coccinelle. Mais la coccinelle asiatique, elle, a envahi quasiment toute la Suisse, avec des problèmes majeurs : elle se nourrit des autres espèces, c’est-à-dire des coccinelles locales, ce qui constitue un problème important pour notre biodiversité. Seulement, lorsque les gens voient une coccinelle, ils n’ont pas forcément les outils pour distinguer une coccinelle asiatique d’une espèce locale. » Dans ce cas précis, ce sont donc les espèces indigènes qui en subissent directement les conséquences.

Daniel Cherix : « On pense que toutes les coccinelles sont bien, pas du tout. »

Mais le problème ne touche pas uniquement la faune. Il concerne aussi l’être humain, et plus particulièrement son porte-monnaie. Selon Daniel Cherix, les espèces exotiques envahissantes engendrent chaque année plusieurs millions de francs de dégâts en Suisse. Depuis 2016, la Confédération s’est dotée d’une stratégie nationale de gestion de ces espèces, mais la mise en œuvre repose essentiellement sur les cantons. « Sur le principe, ce qui a été fait de la part de la Confédération est très bien, mais dans les faits, cela pose problème, parce que ce sont les cantons qui doivent assumer. Or, financièrement, ils ne sont souvent pas prêts à investir d’un coup 200’000 ou 300’000 francs », explique le biologiste.

« C'est les cantons qui doivent assumer. »

Alors, simple problème ou véritable menace ? 

« Pour l’instant, on a encore un peu de peine à mesurer l’impact de toutes ces espèces exotiques envahissantes. Pourtant, l’Union internationale pour la conservation de la nature l’affirme depuis plus d’une décennie : les espèces exotiques envahissantes constituent la deuxième cause d’appauvrissement de la biodiversité », répond Daniel Cherix. Il ajoute que la Suisse en est encore à un stade précoce, faute de moyens et en raison d’une connaissance encore limitée de ces organismes.

« Les espèces exotiques envahissantes sont la deuxième cause d'appauvrissement de la biodiversité. »

La conférence du biologiste Daniel Cherix, professeur honoraire de l’Université de Lausanne, a lieu ce mercredi à 19h15 au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel. /yca


 

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