Suicide en janvier : l’effet saisonnier en question

Le retour à la routine, le manque de lumière et l’isolement font de janvier une période délicate ...
Suicide en janvier : l’effet saisonnier en question

Le retour à la routine, le manque de lumière et l’isolement font de janvier une période délicate pour certaines personnes. Une croyance populaire veut même que ce soit le mois où l’on recense le plus de suicides. Une affirmation qu'un médecin-chef du Centre neuchâtelois de psychiatrie ne peut ni confirmer, ni infirmer.

Le manque de lumière en hiver peut peser sur le moral. (Photo libre de droits : illustration.)  Le manque de lumière en hiver peut peser sur le moral. (Photo libre de droits : illustration.)

Le début de l’année est souvent perçu comme un moment délicat pour la santé mentale. Certaines croyances populaires vont même jusqu’à dire que janvier serait le mois où l'on enregistre le plus de suicides. Un mythe que les chiffres ne valident pas clairement, explique le médecin-chef du service qui concerne les urgences, la liaison et l'hôpital du département de psychiatrie adulte du Centre neuchâtelois de psychiatrie (CNP), le Dr. méd. Stéphane Saillant. « Il n’y a pas de règles absolues. C’est très difficile de dire et d’affirmer qu’il y a plus de suicides au mois de janvier que durant d’autres mois », précise-t-il. Il met plutôt en avant un phénomène de saisonnalité.

Dr. Stéphane Saillant : « Ça peut varier d’une année à l’autre. »

« En décembre et janvier, il y a moins de lumière, davantage de pénombre, il fait plus froid. Cela peut avoir un impact sur la sécrétion de certaines hormones. » Ce constat, que décrit Stéphane Saillant, s’appuie sur des recherches et soulève une problématique : celle de la dépression saisonnière. « On sait que les dépressions liées à la saison hivernale sont plus importantes à partir du mois de novembre et jusqu’en février », ajoute-t-il. Selon le psychiatre, lorsque la dépression progresse, le risque suicidaire tend aussi à augmenter.

« De manière indirecte, s’il y a plus de dépression, le risque de suicide est un peu plus important. »

Il faut en parler

Lorsqu’on aborde la question de la prévention, le docteur Stéphane Saillant insiste : « il ne faut pas rester seul ». « Si on a des idées suicidaires, si on ne se sent pas bien, il faut voir quelqu’un, aller consulter un professionnel ou se tourner vers un proche et oser en parler », souligne-t-il.

Plus largement, les messages de prévention relèvent à la fois de la promotion générale de la santé et de la prévention spécifique du suicide. Il s’agit notamment de maintenir des contacts sociaux, de bouger, de manger sainement et de bien dormir, explique le psychothérapeute.

Mais la prévention concerne aussi l’entourage des personnes en difficulté. Lorsqu’on est la personne à qui ces pensées sont confiées, il faut, selon Stéphane Saillant, écouter sans juger et ne pas rester seul avec ce lourd secret. « Il est important de pouvoir relayer la situation, soit auprès d’un autre proche, soit auprès d’un professionnel de la santé, voire des urgences ou du 144 », indique-t-il.

« La première des choses, c’est d’écouter, de croire ce qui est dit et de ne pas juger. »

Si vous souffrez de pensées suicidaires, vous pouvez contacter des associations comme La Main Tendue en composant le 143 ou en vous rendant sur 143.ch. /yca


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