Le brouillard de ce mois de décembre a été l’un des plus tenaces depuis une centaine d’années, selon MétéoNews. Neuchâtel n’a comptabilisé qu’une dizaine d’heures de soleil, l’un des scores les plus bas de Suisse. Plusieurs conditions étaient réunies pour favoriser la grisaille.
Le ciel se dégage enfin pour les habitants du pied du Jura, après une longue attente sous un brouillard inhabituellement tenace. « Ce mois fait partie des cinq mois de décembre les plus sombres depuis plus de 100 ans », relève Vincent Devantay, météorologue à MétéoNews. Neuchâtel n’a comptabilisé qu’une dizaine d’heures de soleil - moins d’un tiers de la norme habituelle -, contre 110 à La Chaux-de-Fonds, au-dessus des nuages.
Vincent Devantay : « Il faut s’imaginer le plateau suisse comme une cuvette, dans laquelle l’air froid et humide s’accumule. »
Les conditions pour une dissipation du brouillard ont tardé à intervenir, prolongeant la présence de ce couvercle nuageux. « Il faudrait l’arrivée d’une perturbation avec des nuages au-dessus qui facilitent la dissipation, ou du vent de sud-ouest. Mais ces éléments n’ont pas souvent été présents durant ce mois de décembre », explique Vincent Devantay. Il ajoute qu’en cette période de l’année, le soleil bas n’est pas assez puissant pour dissiper la grisaille.
Les lacs n’ont rien arrangé
Si l’ensoleillement a été excédentaire par rapport à la norme en altitude, au Nord du Jura et dans les vallons (La Chaux-de-Fonds a enregistré 130 à 150% de sa durée d’ensoleillement habituelle pour un mois de décembre), le ciel a été particulièrement sombre entre Neuchâtel et Bienne, en raison notamment de la présence des lacs. Ils constituent un bassin d’humidité prêt à alimenter le brouillard et la topographie en cuvette permet à l’air froid de stagner en l’absence de vent. « Cette topographie assez spécifique fait que les brouillards ont vraiment de la peine à se dissiper », ajoute Vincent Devantay.
La pollution muscle le brouillard
Le brouillard tenace de ce mois de décembre s’inscrit à contre-courant de la tendance observée ces 40 dernières années, où il tend à se dissiper. « Nous avons constaté une nette diminution des jours de stratus et nous nous sommes progressivement habitués à des hivers un peu plus lumineux », observe Vincent Devantay. « C’est probablement dû à une diminution de la pollution aux particules fines, qui sont des noyaux de condensation autour desquels des particules d’humidité peuvent se former. » Il explique que la diminution de cette pollution est probablement en lien direct avec la diminution des jours de brouillard. /jti









