Clavecins d’exception cherchent lieu d’accueil

La Fondation du Sautereau, basée dans le canton, est propriétaire de quatre clavecins historiques ...
Clavecins d’exception cherchent lieu d’accueil

La Fondation du Sautereau, basée dans le canton, est propriétaire de quatre clavecins historiques. Elle cherche à les placer dans la région neuchâteloise, mais cette quête est difficile. Ces instruments rares pourraient bien continuer à vivre ailleurs en Suisse ou à l’étranger.

Ce virginal italien date d'environ 1575. Ce virginal italien date d'environ 1575.

Ce sont des pièces d'une valeur inestimable de par leur rareté et leur histoire. Quatre clavecins datant des 16e, 17e et 18e siècles, appartenant à la Fondation du Sautereau établie dans le canton de Neuchâtel, cherchent un nouvel environnement pour continuer à vivre… car un instrument qui ne joue pas se meurt. Ces clavecins d’exception ont été acquis par un passionné, François Badoud, décédé il y cinq ans. Il avait créé la Fondation du Sautereau avec un but bien précis, comme l’explique Mireille Badoud, membre du comité. « Mon mari partait du principe qu’il n’était pas le propriétaire de ces instruments, mais qu’il était juste le responsable et le passeur. Il a créé cette fondation pour qu’ils continuent à vivre, disons cinq siècles (rires), mais cela on n’en est pas persuadé. L’objectif, c’est que ces instruments soient accessibles aux clavecinistes, qu’il y ait des masterclasses qui soient faites, ainsi que des enregistrements et que des concerts soient donnés. » De grands noms de la musique comme Jean Rondeau sont d’ailleurs venus jouer - et continuent de le faire – sur ces clavecins. 

Mireille Badoud : « Ces instruments ne sont pas destinés aux clavecinistes débutants. On ne confie pas une Ferrari à quelqu’un qui vient de passer son permis. »

Trouver un lieu d’accueil pour ces clavecins historiques s’avère bien plus compliqué qu’il n’y parait. « C’est très, très difficile », lance Mireille Badoud. « Il doit être accessible aux clavecinistes, il faut pouvoir accueillir un peu de public pour les concerts, y réaliser des enregistrements. Et puis, il faut surtout garantir des qualités de conservation muséographiques. »

« Pour des instruments de cette valeur historique, il faut l’hygrométrie et la température… Et ça, c’est un réel problème. »

La Fondation du Sautereau souhaite répondre à la volonté de son défunt fondateur, soit que ces clavecins puissent continuer à vivre dans le canton de Neuchâtel. Mais au vu des difficultés pour leur trouver un lieu d’accueil, elle n’exclut désormais plus que ces instruments soient hébergés ailleurs en Suisse voire à l’étranger, déclare Mireille Badoud. En acceptant d’en parler à RTN, elle espère toutefois « que des portes s’ouvrent » pour éviter cette issue.

« Trouver un lieu d’accueil dans le canton de Neuchâtel, ce n’est pas évident. »

Cet instrument date 1658, il s'agit d'un clavecin Louis Denis. Cet instrument date 1658, il s'agit d'un clavecin Louis Denis.

« Dans un état de conservation exceptionnel »

Cette collection d’instruments à cordes pincées a été constituée sur plus de 30 ans par François Badoud. Les deux plus anciens clavecins sont italiens, le premier d’environ 1530, l’autre, un virginal d’environ 1575. Les deux autres sont d’origine française, un Louis Denis de 1658 et un Christian Kroll de 1770. Ce qui fait aussi leur particularité, c’est leur état de conservation, ajoute Mireille Badoud. « Ils ont encore leur clavier d’origine, les touches sont creusées par tous les clavecinistes qui ont joué. Et puis, ce sont des instruments dont on connait l’histoire. On sait qu’ils n’ont pas bougé, » conclut-elle.

« Du point de vue patrimonial, ils peuvent être comparés à de grands tableaux. »

/jpp

Une autre pièce de la collection, un clavecin Christian Kroll datant de 1770. Une autre pièce de la collection, un clavecin Christian Kroll datant de 1770.


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