Christophe Ballif referme la page du centre des énergies renouvelables

Fondateur et directeur du Centre des énergies renouvelables du CSEM depuis 2012, le physicien ...
Christophe Ballif referme la page du centre des énergies renouvelables

Fondateur et directeur du Centre des énergies renouvelables du CSEM depuis 2012, le physicien Christophe Ballif passera le relais à la fin de l'année. En treize ans sous sa direction, ce pôle d'excellence neuchâtelois est devenu un acteur majeur de l'innovation dans le domaine du photovoltaïque et des énergies renouvelables.

Christophe Ballif est revenu sur 13 ans d’innovation dans « La Matinale » ce mercredi. Christophe Ballif est revenu sur 13 ans d’innovation dans « La Matinale » ce mercredi.

Christophe Ballif va quitter ses fonctions de directeur du Centre des énergies renouvelables du CSEM à la fin de l'année. Le physicien de presque 56 ans a dirigé ce pôle d'innovation depuis sa création en 2012, transformant Neuchâtel en centre de référence mondial pour le photovoltaïque. Il laisse derrière lui un héritage de recherches pionnières et de nombreux produits commercialisés en Suisse et à l'international.


Un centre né après Fukushima

L'histoire du Centre des énergies renouvelables commence lorsque le laboratoire de l'EPFL à Neuchâtel est devenu trop grand. En 2010, une demande de financement supplémentaire est adressée à la Confédération. « Personne n'y a prêté attention », se souvient Christophe Ballif. « Mais quand il y a eu Fukushima, tout d'un coup, le gouvernement suisse a réalisé qu'il fallait faire quelque chose dans le domaine du photovoltaïque », a expliqué le professeur dans « La Matinale » ce mercredi. La Confédération débloque alors 5 millions de francs supplémentaires pour le CSEM. Ce financement permet de lancer un nouveau centre dédié d'abord au photovoltaïque, puis élargi aux énergies renouvelables.


Treize ans d'innovations concrètes

Sous la direction de Christophe Ballif, le centre a développé de nombreuses technologies aujourd'hui commercialisées. Parmi les réalisations phares figurent de nouvelles générations de modules et cellules solaires en silicium cristallin, industrialisées à l'échelle de plusieurs gigawatts. L'équipe a également conçu des modules photovoltaïques spécifiques pour l'architecture. Ces panneaux blancs ou colorés ornent désormais de nombreux bâtiments. Le centre a aussi créé des cadrans et glaces solaires pour l'industrie horlogère, notamment pour la marque Tissot. Plus récemment, les chercheurs ont développé des cellules solaires à haut rendement dépassant les 30% d'efficacité. Ils ont également lancé le Battery Innovation Lab pour concevoir des batteries plus écologiques et performantes.

« Nous avons travaillé et nous travaillons avec plus de 60 partenaires industriels, une bonne partie en Suisse », précise Christophe Ballif. « Nous avons tout plein de produits sur le marché et encore beaucoup de nouveaux produits qui devraient arriver dans ces prochaines années. » Le physicien souligne que ces succès ne sont pas dus à lui seul. « C'est surtout grâce à tous les collaborateurs exceptionnels que j'ai eus au cours de ces quinze dernières années. Et c'est aussi grâce au soutien des autorités de l'EPFL, de la direction du CSEM, et des institutions qui nous soutiennent. »

À bientôt 56 ans, Christophe Ballif estime que « c'est le bon moment » pour passer la main. Il évoque une « charge de travail énorme » entre la direction de cette unité du CSEM, qui compte désormais plus de 100 collaborateurs, et son laboratoire à l'EPFL Neuchâtel avec près de 40 chercheurs. « Nous avons un bon portefeuille de projets, nous avons de nombreux partenariats », explique-t-il, jugeant opportun de « céder la main à quelqu'un qui amène aussi des idées nouvelles ». Son successeur sera le professeur Tonio Buonassisi, spécialiste mondial du photovoltaïque et des laboratoires autoapprenants, actuellement professeur au MIT.

Christophe Ballif ne quitte pas complètement le navire. Il restera conseiller scientifique au CSEM et poursuivra son activité de professeur à l'EPFL. /lgn


 

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