Le RHNe mise sur les soins ambulatoires

Le Réseau hospitalier neuchâtelois dévoile ses options stratégiques pour la période 2026-2030 ...
Le RHNe mise sur les soins ambulatoires

Le Réseau hospitalier neuchâtelois dévoile ses options stratégiques pour la période 2026-2030. Un dispositif qui s’articule autour de 5 axes avec au centre le développement des soins ambulatoires. Il propose également trois scénarios d’organisation à l’horizon 2040 avec une préférence pour un site unique pour le stationnaire.

Le RHNe met les soins ambulatoires au cœur de ses options stratégiques 2026-2030. (Photo : archives) Le RHNe met les soins ambulatoires au cœur de ses options stratégiques 2026-2030. (Photo : archives)

L’objectif prioritaire du RHNe pour la période 2026-2030, c’est de développer son dispositif ambulatoire et de renforcer son attractivité pour attirer du personnel qualité. Les dirigeants du Réseau hospitalier neuchâtelois ont présenté mardi la feuille de route de l’institution pour les cinq prochaines années.

Le dispositif, soumis au Conseil d’État pour validation, s’articule autour de cinq axes. Il vise à renforcer la proximité, à fluidifier les parcours de soins et à soulager les services hospitaliers pour qu’ils se concentrent sur les patients qui nécessitent réellement leur infrastructure.


Réorganiser

Le premier axe entend réorganiser de façon ciblée le dispositif stationnaire faisant passer le nombre de lits sur les sites de Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds à environ 420 contre 434 en 2024. Les deux hôpitaux principaux conserveront leurs activités de soins aigus.

La réadaptation gériatrique, actuellement basée au Locle, rejoindra la gériatrie aiguë dans la Métropole horlogère. En échange, l’établissement de la Mère commune accueillera les patients en attente de placement (lits C) ou nécessitants des soins de transition. La réadaptation spécialisée sera centralisée à Landeyeux.

Les deux sites principaux à Neuchâtel et dans la Métropole horlogère conserveront les soins stationnaires, un pôle chirurgical et un centre ambulatoire, intramuros à La Chaux-de-Fonds et à Monruz en principe dès 2028 pour Neuchâtel.

Pour resserrer le maillage de l’ambulatoire, le RHNe envisage quatre maisons de santé réparties entre les vallées, le Littoral et les Montagnes.

Philippe Eckert, président du conseil d’administration du RHNe : « Pour que le patient puisse avoir un maximum de prestation en ambulatoire proche de chez lui, voire même à son domicile. »

Attirer et fidéliser

Durant la période 2026-2030 et dans un contexte de marché du travail extrêmement tendu, le RHNe entend mettre un accent fort sur l’attractivité et la fidélisation de son personnel. Il veut déployer une politique de recrutement moderne et motivante, former la relève, offrir des conditions-cadres attractives, renforcer la culture d’entreprise, établir des plans de relève dans les secteurs critiques et développer les compétences managériales des cadres.


Équilibre financier

Le Réseau hospitalier neuchâtelois entend réaliser d’ici 2030 25 millions de francs d’économies annuelles pour assurer son équilibre financier. Cela passera par une amélioration de l’organisation interne, la simplification des procédures de travail, une meilleure efficacité de la gouvernance en nommant un directeur général en plus du collège de direction.


Digitalisation

La transition numérique fait également partie du plan de route du RHNe. Il souhaite accélérer la digitalisation et mettre à disposition des professionnels des outils plus performants pour le pilotage et la coordination des parcours de soins. Une modernisation indispensable, estiment les dirigeants, « pour améliorer la qualité des données cliniques, la sécurité des patients et la collaboration interprofessionnelle. »


Infrastructures et avenir

La feuille de route 2026-2030 prévoit d’adapter et de rénover les structures actuelles, d’en développer des nouvelles et de préparer l’avenir. Le RHNe a envisagé trois scénarios à l’horizon 2040. Le statu quo (deux sites stationnaires complémentaires), le regroupement de l’activité stationnaire sur un des deux sites de soins aigus existants ou le regroupement des prestations stationnaire sur un nouveau site.

Pour les dirigeants du Réseau hospitalier neuchâtelois, cette dernière solution offre les meilleures perspectives de maintien d’un hôpital cantonal public. Si sa localisation à ce stade n’est pas définie, la nouvelle structure devra être « facile d’accès. Il ne faut pas perdre des patients qui préféreraient aller dans d’autres cantons », a prévenu Philippe Eckert, le président du conseil d’administration du RHNe.

Philippe Eckert : « Il est important de concentrer les activités stationnaires qui sont de grosses consommatrices de personnel. »

Le Canton

Les différentes propositions des dirigeants du RHNe sont désormais entre les mains du Conseil d’État qui en a fait une première lecture. « Ces options vont faire l’objet d’une réflexion », précise le chef du département cantonal de la santé, de la jeunesse et des sports, Frédéric Mairy. L’exécutif rédigera ensuite un rapport d’information qui sera in fine soumis au Grand conseil.

L’horizon 2040-2045 pour élaborer un nouveau scénario concernant l’offre hospitalière neuchâteloise correspond au moment où le site de Pourtalès devra subir de lourdes rénovations, rappelle le conseiller d’État. Il n’oublie pas la votation de 2017 en faveur de deux hôpitaux. Pour Frédéric Mairy la question aujourd’hui n’est pas de savoir si les mentalités évoluées, mais « quelle va être l’évolution du dispositif de santé sur le plan fédéral et comment, à l’échelle du canton, on peut y répondre. »

Frédéric Mairy : « C’est aujourd’hui qu’on doit se poser les questions de quelles infrastructures hospitalières on aura besoin en 2040-2045. »

« Il est de notre responsabilité de se reposer la question [d’un site unique] (…) de se demander comment dans une quinzaine d’années [le Conseil d’État] sera en mesure de garantir la sécurité sanitaire de la population ». /cwi


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