Dans la tête d’un père incestueux

Mary-Jane Monsch publie son premier roman : « Noir, pair et manque ». Une fiction qui plonge ...
Dans la tête d’un père incestueux

Mary-Jane Monsch publie son premier roman : « Noir, pair et manque ». Une fiction qui plonge le lecteur dans la confession d’un père qui a commis l’indicible. La Neuchâteloise a écrit d’une traite ces lignes inspirées par le choc de savoir que dans chaque classe d’école, un à deux élèves subissent ce type de violence sexuelle.

Le premier roman de Mary-Jane Monsch traite l’inceste du point de vue de l’agresseur. Le premier roman de Mary-Jane Monsch traite l’inceste du point de vue de l’agresseur.

Un fleuve de boue. C’est ce à quoi font penser les paroles de ce père qui raconte à un « expert » ses actes incestueux dans les pages du roman « Noir, pair et manque ». C’est aussi le sentiment qui emporte le lecteur. L’atmosphère qui traverse les 200 pages de cette fiction est lourde, visqueuse, poisseuse. Mais elle entraine inexorablement vers la prochaine page.

Comment peut-on cacher qu’on est un agresseur ? Comment peut-on cacher qu’on est une victime d’inceste ? Ces questions ont habité Mary-Jane Monsch dès lors qu’elle a eu connaissance en 2009 de cette étude publiée selon laquelle dans chaque classe d’école deux élèves étaient statistiquement victimes de violences sexuelles.

Comment, durant les trente années qu’elle a passées face aux enfants comme enseignante d’abord puis comme assistante scolaire, est-elle passée à côté de ces souffrances sans s’en rendre compte ?

La question l’a taraudée avant de l’inspirer. En quatre soirées elle couche sur l’écran de son ordinateur le monologue fictif qu’un père incestueux livre à un expert qu’on suppose être un psychiatre.

Mary-Jane Monsch : « Quand j’ai écrit ce livre, je l’ai écrit sur le coup de l’émotion. »

En 2009, Mary-Jane Monsch envoie son tapuscrit à plusieurs maisons d’édition. Elle aura très peu de réponses. Mais l’une d’elle la marquera : « En tant qu’éditrice, en ce moment précis où le problème éclate en plein jour, je ne me sens pas le courage d’éditer votre livre. »

« Maintenant (…) on ose parler du viol des enfants, alors qu’avant c’était des choses cachées. »

La Neuchâteloise n’abandonne pas, habitée par « l’impression que ce livre une fois devrait sortir. »

« Il faut dénoncer ce genre de chose »

Seize ans plus tard, sur les conseils de son mari, Mary-Jane Monsch contacte les Éditions sur le Haut, à La Chaux-de-Fonds. Le directeur, Daniel Musy accepte de le publier. « Noir, pair et manque » est disponible en librairie depuis le 6 novembre. /cwi


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus