Il aura passé 25 ans à la direction de la section romande de BirdLife. Il dresse un bilan contrasté de son action à la tête de l'organisation de protection des oiseaux et de la biodiversité. Il regrette notamment le manque d’engagement des politiques pour la nature.
François Turrian tire sa révérence après un quart de siècle passé à la direction romande de BirdLife Suisse. Il prend sa retraite à la fin du mois de novembre. L'organisation, dont le siège romand est à Cudrefin, œuvre pour la préservation de la biodiversité en Suisse et à l'étranger. François Turrian a expliqué mardi, dans La Matinale, que BirdLife avait pour mission de préserver la biodiversité en utilisant souvent les oiseaux comme exemple. L'organisation fait partie d'un réseau international présent dans 120 pays à travers le monde.
Le directeur sortant dresse un bilan contrasté de ses années à la tête de BirdLife Suisse romande. « Du côté positif, ce sont toutes les rencontres avec des milliers de personnes qui s'intéressent à la nature et qui ont envie de s'engager », se réjouit-il. Le revers de la médaille est plus sombre. « Le mouvement de protection de la nature a de la peine à se faire entendre au niveau politique », déplore François Turrian. Il constate que « la réponse politique n'est pas à la hauteur des grands enjeux que traverse notre planète ».
La Suisse à la traîne en Europe
François Turrian pointe du doigt le retard helvétique en matière de protection de l'environnement. « La Suisse est en queue du peloton des nations européennes en matière de préservation des espaces naturels », affirme-t-il. Le pays détient également « un nombre record d'espèces menacées sur les fameuses listes rouges ». Une situation préoccupante que le courant politique conservateur ne facilite pas à améliorer, toujours selon lui.
Il relève aussi un décalage entre les Suisses, qui sont attachés à la biodiversité, mais qui ont refusé l'initiative sur la biodiversité en 2024. François Turrian estime que « les gens s'habituent à ne plus tellement voir de papillons autour d'eux ».
Il rappelle également que « la Suisse est présentée comme un pays vert ». Mais ce vert ne signifie pas nécessairement une nature riche en biodiversité. « La nature, c'est toute la diversité des écosystèmes, des plantes et des animaux. »
Malgré ce tableau peu optimiste, François Turrian se réjouit de l'engagement de certains cantons et communes, notamment dans les villes. Il conclut en rappelant que « la biodiversité nous concerne tous » et que « nous avons tous besoin d'une nature la plus complète possible pour vivre en société ».
François Turrian sera remplacé par Sylvain Antoniazza à la tête de BirdLife Suisse romande. /sma









