Énergie et patrimoine, un équilibre fragile

Le programme RÉNO-NE, lancé par l’État de Neuchâtel et plusieurs communes partenaires, vise ...
Énergie et patrimoine, un équilibre fragile

Le programme RÉNO-NE, lancé par l’État de Neuchâtel et plusieurs communes partenaires, vise à accompagner et encourager les propriétaires de bâtiments patrimoniaux d’entreprendre une rénovation énergétique.

L’État et les communes partenaires financeront une subvention jusqu’à 10'000 francs d’honoraire par immeuble dès 2026. (Photo : archives, Pierre Boldt). L’État et les communes partenaires financeront une subvention jusqu’à 10'000 francs d’honoraire par immeuble dès 2026. (Photo : archives, Pierre Boldt).

Améliorer l’efficience énergétique des bâtiments sans toucher à leur valeur patrimoniale : c’est l’équilibre délicat que vise l’État de Neuchâtel. À travers son programme RÉNO-NE, il s’est fixé pour mission de rendre ces constructions moins énergivores, sans les dénaturer. Il faut dire que la question est délicate, car ces objets immobiliers présentent souvent des failles du point de vue énergétique. «  Il est crucial d’intervenir pour améliorer la consommation moyenne en énergie du parc immobilier », estime Nicole Decker, cheffe de l’Office cantonal du logement. Par ailleurs, il n’est pas question que ces travaux détériorent la valeur historique de ces bâtiments. « C’est souvent des bâtiments qui sont importants et qui ont de grands volumes chauffés », relève Marc Chapatte, patron de la société d’expertise énergétique DPC à Marin. Il estime que « le Canton a raison de faire cette démarche pour axer ses aides sur ce domaine-là ». Le patron a participé à la première formation proposée par l'État dans le cadre de ce programme. 

Marc Chapatte : « L’enjeu, c’est d’améliorer ce parc immobilier qu’on avait jusqu’à présent de la peine à toucher. »

Pour parvenir à concilier ces différents intérêts, le Canton s’appuie sur les propriétaires et les experts. Afin de motiver les premiers, il propose un soutien financier. L’État et les communes partenaires financeront une subvention jusqu’à 10'000 francs d’honoraire par immeuble dès 2026. Une somme qui doit permettre de financer le suivi de la démarche par des architectes et des experts en énergie certifiés CECB, le Certificat énergétique cantonal des bâtiments, qui est l’équivalent immobilier de l’Étiquette énergie. La somme de maximum 10'000 francs avancée par le Canton parait dérisoire quand il s’agit de rénovation de bâtiments patrimoniaux, mais Nicole Decker relativise  : «  Cette petite contribution sert uniquement à financer le surplus pécunier engendré par l’appel à ces spécialistes pour la phase d’étude ». Le cas échéant, d’autres types de subventions peuvent venir épauler les maîtres d’ouvrage dans les étapes suivantes du chantier. Jusqu’ici, Neuchâtel répertorie une cinquantaine de spécialistes formés à cette démarche. D’autres journées de formations, prévues en début d’année prochaine, permettront d’augmenter la liste des spécialistes agréés. Mais en ne subventionnant que les professionnels ayants suivi cette formation, l’Etat ne risque-t-il pas de déséquilibrer le marché de la concurrence  ?  « Non parce que déjà on vient de former une cinquantaine de ces professionnels et nous avons encore prévu trois autres cours de 25 participants », répond Nicole Decker.

Nicole Decker : « Nous allons couvrir la majorité des professionnels. »

Des conditions à remplir

Cette aide pourra être débloquée pour des bâtiments comportants plus de trois logements, classés dans la première catégorie au recensement architectural et dont l’enveloppe appartient à la classe énergétique F ou G, soit les plus basses. Le programme est disponible dans les communes de Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Le Locle, Val-de-Ruz, Val-de-Travers, La Grande Béroche et Cortaillod. La liste des conditions est longue, mais environ 1'800 bâtiments sont concernés sur le territoire neuchâtelois, selon les estimations de l’Office cantonal du logement. 

Nicole Decker : « Certaines communes sont propriétaires de ce genre de bâtiment. »

« C’est souvent des bâtiments anciens qui sont complexes », relève Marc Chapatte. « On ne peut pas faire n’importe quoi en termes d’isolation ou d’amélioration énergétique ». D’où la nécessité de trouver des compromis afin d’obtenir la meilleure solution possible pour l’énergie comme pour le patrimoine.

Marc Chapatte : « C’est important qu’on mette autour de la table tous les acteurs. »

Le projet RÉNO-NE comporte également un autre volet qui n’a rien à voir avec l’énergie, à savoir les interventions pour faciliter l’accès des personnes à mobilité réduite. /crb-jhi


 

Actualités suivantes

Articles les plus lus