Le Canton de Neuchâtel a inauguré quatre digues aux Ponts-de-Martel autour des tourbières ce lundi. Ces ouvrages doivent permettre de revitaliser le Marais-Rouge. Plus de deux hectares de terre seront à nouveau immergés.
Inonder le marais pour qu’il retrouve son apparence et sa fonction d’antan. L’État de Neuchâtel a présenté sous la pluie ce lundi le résultat des travaux de revitalisation du Marais-Rouge aux Ponts-de-Martel. Quatre nouvelles digues ont été construites dans le secteur sud du marais. Elles doivent servir à remettre en eau une surface de 2,1 hectares de terrain dans les tourbières. L’objectif de cette réalisation est donc de restaurer l’équilibre hydraulique de la tourbière. « Ces marais ont été exploités il y a des années pour leur tourbe, ils ont été drainés et asséchés », explique Sébastien Tschanz, collaborateur scientifique au Service cantonal de la faune, des forêts et de la nature (SFFN). Entrainant ainsi la disparition de la faune et la flore liée à ces écosystèmes. De plus, la tourbe capte le carbone et l’accumulation de cette terre dans le marais a créé ce qu’on appelle un puits de carbone. « Une fois asséchée, la tourbe relâche le carbone, il se lie ensuite à l’air et s’échappe sous forme de CO2 », ajoute le scientifique. La revitalisation a donc deux fonctions principales : stopper les émissions de CO2 du site et restaurer la faune et la flore d’origine.
Reportage au Marais-Rouge
La vertu du partenariat public/privé
Pilotés par le Service cantonal de la faune, des forêts et de la nature (SFFN), ces travaux ont duré un mois pour un coût total de 230'000 francs. Ils sont subventionnés à 65% par la Confédération. Le pourcentage restant a été financé par la Banque cantonale neuchâteloise, soit environ 80'000 francs. Un partenariat public/privé dont se réjouit le conseiller d’État en charge de l’environnement Laurent Favre. « Cela nous permet d’optimiser les moyens que nous mettons dans ces projets de revitalisation », estime-t-il. L’expérience avait déjà été faite en 2023 lors de la revitalisation du marais du Bois des Lattes, en partie financée par la Fondation Myclimate.
Laurent Favre : « C'est un partenariat "win win". »
À l’avenir, le Canton de Neuchâtel pourrait à nouveau recevoir le soutien du privé pour ce genre de projet. « Nous constatons que différents acteurs sont intéressés, notamment pour compenser leur bilan d’émission de CO2, à apporter leur contribution dans ce genre de projet », termine Laurent Favre. /crb








