Dès 2030, il sera remplacé par le dossier électronique de santé. Le Conseil fédéral a pris cette décision la semaine dernière. Actuellement, un peu plus de 5% des Neuchâtelois ont ouvert un dossier et le nombre de praticiens qui l’utilisent reste très faible.
Le dossier électronique du patient (DEP) est abandonné, mais les données seront transférées sur la nouvelle plateforme. Le Conseil fédéral a décidé la semaine passée de le remplacer par un dossier électronique de santé. Trois ans après le lancement du dossier électronique, plus de 11'000 dossiers ont été ouverts dans le canton de Neuchâtel, soit un peu plus de 5% de la population. Des chiffres qui paraissent faibles, explique Frédéric Mairy, conseiller d’Etat en charge de la santé, « mais en regard des moyennes nationales, on est beaucoup plus haut. Ce qui nous conforte dans l’approche qu’on a retenue, c’est-à-dire de partir seul avec notre propre communauté et de ne pas rejoindre des communautés plus grandes. » Malgré cette relative satisfaction, Frédéric Mairy le reconnait, les résultats sont totalement insatisfaisants. Ils s’expliquent notamment par la multitude de logiciels utilisés par les professionnels de la santé et qui ne sont pas toujours compatibles avec la plateforme du dossier électronique du patient.
Frédéric Mairy : « On devrait réussir à terme trouver une interopérabilité plus grande entre les documents. »
Des logiciels pas compatibles
Dominique Bünzli, médecin à Peseux et président de la Société neuchâteloise de médecine, le reconnait : l’une des explications vient des professionnels de la santé qui « n’ont pas adhéré à ce projet simplement pour des raisons techniques ». Les outils informatiques qu’ils utilisent au quotidien ne sont pas connectés au dossier électronique du patient. Introduire les données leur demande énormément de temps, temps qui n’est pas payé puisqu’il n’y a pas de point Tarmed pour cela.
Dominique Bünzli : « Cette démarche prend beaucoup de temps et elle n’est pas rémunérée. »
Une avis que partage Frédéric Mairy et la nouvelle plateforme présentée par la Confédération ne résoudra pas ce problème. Dans l’idéal, il faudrait imposer aux professionnels de la santé d’utiliser un outil informatique commun.
Frédéric Mairy : « Ce qui manque, c’est une décision forte de la Confédération. »
Le nouveau dossier santé proposé par la Confédération doit amener des améliorations au moins sur un point : actuellement, le patient décide d’ouvrir un dossier, à l’avenir il devra se manifester s’il n’en veut pas.
Dominique Bünzli : « Tout le monde est dedans par défaut. »
Dominique Bünzli précise que le DEP appartient au malade et pas au praticien. Ce qui veut dire que le patient choisit ce qu’il souhaite y mettre ou non et quel professionnel de la santé a accès à quelles informations. Dès lors, le corps médical ne peut se reposer entièrement sur le dossier électronique.
Dominique Bünzli : « On ne pourra pas utiliser ce dossier pour communiquer avec les autres, car c’est le patient qui a les clés. »
Le dossier santé de la Confédération sera automatiquement mis à disposition de la population dès 2030. Les données du dossier électronique des patients neuchâtelois seront transférées d’office vers le nouveau système. /sma









