Repérer dans l’environnement la présence de pollution au cyanure de manière plus rapide et durable : c’est ce que permet une étude d’un laboratoire de l’Institut de chimie de l’Université de Neuchâtel.
Un capteur pour détecter le cyanure de manière plus simple et plus rapide. C’est ce qui vient de voir le jour au sein de l’Institut de chimie de l’Université de Neuchâtel.
Le résultat d’une étude qui a des applications pratiques immédiates. « Le cyanure, c’est un polluant extrêmement toxique. Même à très faible concentration il peut être mortel », rappelle la doctorante Alaa Maatouk, qui a cosigné la publication. On le trouve dans les eaux usées et les rejets industriels. L’Organisation mondiale de la santé et l’Union européenne classent cette substance parmi les polluants prioritaires. « Même dans notre canton nous avons des pollutions au cyanure qui sont récurrentes et qui proviennent des industries passées, par exemple de l’horlogerie », explique le chercheur Thibaud Rossel, également cosignataire de l’étude. La question est d’ailleurs sensible un peu partout dans le monde, par exemple en Amérique du Sud, dans l’industrie de l’extraction de l’or.
Thibaud Rossel : « C’est très important d’avoir des stratégies qui permettent d’aller mesurer sur le terrain directement les concentrations de cyanure. »
Actuellement, les méthodes ordinaires de détection du cyanure nécessitent généralement un appareillage sophistiqué et peuvent réclamer une préparation d’échantillons fastidieuse. La méthode mise sur pied au sein du laboratoire de chimie organométallique du professeur Bruno Therrien repose sur le principe des cages métallo-organiques, une approche innovante de la chimie supramoléculaire. Elle présente plusieurs avantages. « Notre approche est plus légère et plus rapide, puisqu’on peut directement faire des tests sur le terrain », souligne Thibaud Rossel. Autre nouveauté : le capteur est recyclable, et donc durable. Il peut être régénéré après usage en se servant de fer, un métal qui présente le double avantage d’être courant et pas toxique. Ces caractéristiques permettent d’assurer de manière plus légère le suivi d’une potentielle pollution dans l’environnement. En plus, note le professeur Bruno Therrien, les résultats apparaissent de manière simple : « On voit la présence de cyanure grâce à notre cage qui change de couleur. » Des développements futurs pourraient d’ailleurs proposer des résultats plus nuancés, la teinte obtenue indiquant la concentration de cyanure.
Bruno Therrien : « On peut dans le futur tenter d’améliorer un petit peu le système. »
/jhi









