Circulez, pas de dimanche sans voiture

Dans son rapport d’étude à un postulat accepté par le Grand Conseil neuchâtelois en 2021, le ...
Circulez, pas de dimanche sans voiture

Dans son rapport d’étude à un postulat accepté par le Grand Conseil neuchâtelois en 2021, le Conseil d’État explique qu’introduire des dimanches sans voiture à l’échelle du canton est trop complexe et engendrerait trop d’exceptions, faisant perdre son objectif initial au concept.

Le Conseil d’État ne veut pas instaurer des dimanches sans voiture à l'échelle cantonale, mais propose un coup de pouce financier aux organisateurs de manifestations de promotion de la mobilité douce telles slowUp (photo : illustration). Le Conseil d’État ne veut pas instaurer des dimanches sans voiture à l'échelle cantonale, mais propose un coup de pouce financier aux organisateurs de manifestations de promotion de la mobilité douce telles slowUp (photo : illustration).

Ces évènements ont durablement marqué les mémoires de toute une génération. Dans les années 1950, 1960 et 1970, les Suisses ont vécu des dimanches sans voiture. Un postulat socialiste accepté en novembre 2021 par le Grand Conseil neuchâtelois demandait d’étudier la faisabilité d’introduire de telles journées sur l’ensemble du territoire cantonal. Le Conseil d’État a livré sa réponse jeudi dernier. À ses yeux, cela n’est pas possible et il propose de classer ce postulat.

Dans son rapport, le gouvernement mentionne tout d’abord que la jurisprudence stipule que les cantons ne sont pas compétents pour ordonner une mesure de restriction générale du trafic motorisé. En ce qui concerne les autoroutes, seule la Confédération peut décréter une interdiction de circulation, par exemple. Quant à la faisabilité d’introduire un tel concept, elle dépend de l’échelle, selon le Conseil d’État. Ce dernier ne remet pas en cause la possibilité d’organiser des journées sans voiture ou des slowUp sur un périmètre restreint à plusieurs quartiers d’une ville ou à une vallée. Mais c’est beaucoup plus complexe à grande échelle.


Une liste d’entraves

Plusieurs contraintes sont citées dans le rapport : certains axes de dessertes nationales (il y en a 12 au total), comme la H10 ou H18, doivent rester ouverts. Ensuite, « d’immenses zones de parking provisoires devraient être créées à proximité de ces jonctions. » À cela s’ajoute que la desserte en transports publics serait difficile à assurer à l’échelle d’un canton, et notamment des endroits les plus reculés, sans entraver les besoins en mobilité de la population. Le Conseil d’État relève encore la nécessité d’une étroite collaboration des cantons limitrophes et de la France pour garantir des itinéraires de déviation, la liberté de mouvement des personnes à mobilité réduite qui serait diminuée ou encore la problématique de l’accès des secours et autre service d’urgence ainsi que l’accès automobile à proximité des hôpitaux et cliniques. Sans oublier, les entreprises qui sont dépendantes des véhicules motorisés, même un dimanche, comme les transports de denrées alimentaires et les exploitations agricoles.

Les entraves sont donc nombreuses tout comme les exceptions. « Au final, de très nombreux véhicules devraient exceptionnellement être autorisés à circuler, ce qui obligerait à accepter une certaine mixité de modes de transport et relativiserait la convivialité et l’efficacité de la dimension incitative de telles manifestations », peut-on lire dans le rapport. Pour être efficace, le Conseil d’État estime « qu’une journée sans voiture ne doit concerner qu’un périmètre limité » et se faire « avec proportionnalité ». En conclusion, le Canton pense que les slowUp méritent d’être encore développés. Il se dit prêt à apporter, via son budget de promotion de la mobilité douce, un soutien de 2'000 francs par manifestation et par année, ainsi qu’un accompagnement dans l’organisation.


La déception socialiste

Le premier signataire du postulat, Baptiste Hunkeler, s’est dit « déçu » par la réponse du Conseil d’État. Le député socialiste déplore « le manque de volonté et de motivation » du gouvernement. « Ayant pas mal voyagé, à Mexico, Bogota ou Bruxelles c’est possible et ça fonctionne », ajoute-t-il.

Baptiste Hunkeler aurait souhaité « que le Conseil d’État mette tous les moyens à sa disposition » pour que ces dimanches sans voiture deviennent une réalité « au moins à l’échelle des régions, du Littoral ou des Montagnes ». Et d’argumenter que « finalement, la seule proposition qui est faite est de soutenir à hauteur de 2'000 francs les organisateurs de slowUp. »

Mais l’idée n’est pas pour autant enterrée. « Sensible aux arguments du Canton », le socialiste conclut « que ce projet nous tient à cœur » et que « des réflexions vont être menées au niveau régional avec les Communes. » /jpp


 

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