Six ans et demi de prison ferme pour violences conjugales

L'homme de 29 ans a été condamné mercredi par le Tribunal criminel à La Chaux-de-Fonds pour ...
Six ans et demi de prison ferme pour violences conjugales

L'homme de 29 ans a été condamné mercredi par le Tribunal criminel à La Chaux-de-Fonds pour avoir violenté cinq de ses compagnes. Il a notamment été reconnu coupable de lésions corporelles graves, de mise en danger de la vie d’autrui, de séquestration et de contrainte sexuelle. Le Ministère public avait requis huit ans de prison et une mesure thérapeutique.

L'homme a été condamné à six ans et demi de prison et à une mesure thérapeutique. (Image d'illustration) L'homme a été condamné à six ans et demi de prison et à une mesure thérapeutique. (Image d'illustration)

Étranglement jusqu’à la perte de connaissance, tête dans la cuvette des toilettes avant de tirer la chasse d’eau, menace avec un couteau, gifles, coups de pied… Un homme de 29 ans a été condamné mercredi à six ans et demi de prison ferme par le Tribunal criminel à La Chaux-de-Fonds pour avoir exercé des violences conjugales sur cinq de ses compagnes. Il a notamment été reconnu coupable de tentative de lésions corporelles graves, de mise en danger de la vie d’autrui, de contrainte, de contrainte sexuelle et de maltraitance sur les animaux. Les juges n’ont en revanche pas retenu la tentative de meurtre. Cette peine de prison est assortie d’une mesure thérapeutique en raison du risque de récidive élevé du prévenu, selon une expertise psychiatrique. En clair, il ne pourra pas sortir de prison tant qu’il sera jugé dangereux. Le Ministère public avait requis huit ans de prison et une mesure thérapeutique. Les faits se sont déroulés entre 2019 et 2024. Les jeunes femmes étaient âgées de 18 à 23 ans au moment des faits. Le prévenu niait les faits les plus graves qui lui étaient reprochés.

Dans ce genre d’affaire, qui se déroule souvent à huis clos, les juges doivent trancher entre la parole des uns et la parole des autres. Ici, ils ont estimé que la crédibilité des victimes l’était davantage que celle du prévenu.


« D’ange à démon »

Dans son réquisitoire, le Ministère a commencé par relever le courage des victimes d’avoir porté plainte. « Elles devront vivre avec ce traumatisme. » Elles sont ou ont presque toutes dû être suivies psychologiquement par un spécialiste. La procureure a qualifié les agissements du prévenu de graves de par leur violence, leur intensité et leur montée en puissance. Il en a étranglé plusieurs et à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’elles perdent connaissance, les réveillant à coup de claques. Pour certaines, il leur a mis la tête dans les toilettes avant de tirer la chasse d’eau. Le prévenu les a aussi frappées à maintes et maintes reprises. Une des jeunes filles a expliqué devant la cour avoir subi un déchainement de violences pendant 3 à 4 heures le 25 décembre 2023. Outre les violences physiques, l’homme n’était pas avare d’insultes, d’humiliations et de menaces. Pour les garder sous son emprise, la procureure a expliqué que l’homme les coupait de leur cercle d’amis, de leur famille et les empêchait même d’aller au travail. Il leur faisait croire qu'elles n'étaient rien sans lui. Ce qui explique qu’elles sont restées, comme beaucoup de femmes victimes de violences conjugales. La magistrate est aussi revenue sur les antécédents de l’homme qui a déjà purgé une peine de prison pour un braquage.


« C’est un danger public »

Les plaidoiries des parties civiles sont allées dans le même sens que le réquisitoire du Ministère public. Les avocates ont décrit un homme qui ne tolère pas la frustration. « Quand il n’obtient pas ce qu’il veut, il se montre autoritaire… Il agit en tyran domestique, transforme son foyer en prison, réduit ses compagnes à des objets. » Les avocates sont aussi revenues sur le mode opératoire du prévenu. « Il choisit de très jeunes femmes, fragilisées et empathiques. » Au début, il les traite comme des reines puis la soumission psychologique et les violences s’installent. Les parties plaignantes sont aussi revenues sur le risque de récidive du prévenu qui présente, selon un schéma, six des neuf signes d’un homme qui peut commettre un féminicide. « C'est un danger public. »

Dans ce genre d’affaires, ce sont donc paroles contre paroles, ce que l’avocat de la défense a répété au début de sa plaidoirie. « On ne condamne pas un homme sur des impressions et des intuitions ». Il a expliqué qu’il y avait les preuves matérielles, qui font selon lui souvent défaut dans ce dossier, et les interprétations subjectives. Les intentions de son client et le ressenti des victimes. Il a notamment réfuté la tentative de meurtre, qui n’a pas été retenue, et les lésions corporelles graves. Il avait plaidé pour une peine n’excédant pas trois ans de prison.

Les parties ont dix jours pour annoncer leur appel. /sma


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus