Le mois d’octobre approche et il est synonyme de rentrée pour le club de cinéma des enfants dans le canton de Neuchâtel. Les séances de La Lanterne Magique attirent toujours autant de jeunes participants, alors que la plupart des cinémas affichent des chiffres en baisse. Éclairage du sociologue de la culture Olivier Moeschler.
C’est la rentrée pour La Lanterne Magique. Les clubs de cinéma pour enfants du canton de Neuchâtel ouvrent leur saison 2025/2026 au mois d’octobre. Le club du Locle et celui de Couvet ont leur première séance mercredi 1er octobre. Celui de La Chaux-de-Fonds enchaîne le 22 octobre et le club de Neuchâtel accueillera ses premiers spectateurs dès le 29 octobre. Cette saison encore, toujours autant de jeunes fréquentent ces clubs dédiés aux 6-12 ans. Au total, 545 enfants sont inscrits cette saison, selon la structure. Pourtant, depuis plusieurs années les cinémas affichent une fréquentation en baisse des salles obscures. Alors, comment expliquer le succès de La Lanterne Magique ? « Je me suis aussi posé la question », avoue avec le sourire Olivier Moeschler, sociologue de la culture à l’UNIL et auteur d’une thèse sur le cinéma suisse. « Il faudrait faire une étude plus approfondie pour en être certain, mais je pense que les parents aujourd’hui ont envie que leurs enfants soient actifs ». Ainsi, inscrire son enfant dans un club de cinéma revient à l’inscrire dans un club de sport. Les séances des clubs de cinéma neuchâtelois de La Lanterne Magique se tiennent le mercredi après-midi et peuvent aussi faire l’objet d’une solution de « garde » pour certains parents. « Nous constatons sur les cinq dernières années une progression des inscriptions d’accueils parascolaires et une diminution, dans la même proportion, des inscriptions directes effectuée par les parents », déclare La Lanterne Magique. D’autant plus que le cinéma apporte énormément de clés aux enfants, d’un point de vue culturel comme d’un point de vue social.
Olivier Moeschler : « Ils développent leurs propres goûts cinématographiques. »
À l’ère du numérique, les enfants sont plus fréquemment en contact avec des dessins animés ou des films courts sous forme de série et de vidéos sur les réseaux sociaux. « Les clubs comme La Lanterne Magique offrent une plus grande diversité de formats. Il n’y a pas que des dessins animés, la programmation permet par exemple de visionner un film de Chaplin », explique le sociologue.
« Les enfants apprennent à être membre d’un public. »
Fréquenter La Lanterne Magique en étant petit n’est cependant pas une garantie d’aller régulièrement au cinéma étant adulte. « Il n’y a pas d’étude qu’il le prouve », précise Olivier Moeschler. Toutefois, la structure participe sans doute à sensibiliser les enfants et a éveillé ces derniers à cet art. « Jusqu’à maintenant, le cinéma était une activité naturelle, automatique, mais c’est de moins en moins le cas. Je pense que c’est important pour le cinéma d’avoir des dispositifs comme La Lanterne Magique », termine le sociologue. /crb









