Le projet s’intitule « Comment j’ai tenu le coup ». Onze femmes et un homme ayant affronté le cancer du sein se sont prêtés à l’exercice du portrait, sous l’objectif du photographe neuchâtelois Guillaume Perret. À travers des images accompagnées de mots intimes et d’objets symboliques, l’initiative veut sensibiliser le public à la réalité de la maladie, récolter des fonds et rendre hommage aux patientes et patients. À l'origine de l'initiative, le Centre du sein du RHNe, la Ligue neuchâteloise contre le cancer et l’Association pour le dépistage du cancer BEJUNE.
« Le but était de faire quelque chose pour sensibiliser à la problématique du cancer du sein », explique Guillaume Perret. Photographe indépendant, il a été contacté pour réaliser un calendrier qui devait rassembler 12 témoignages. « L’idée était de trouver douze personnes d’accord de témoigner de leur expérience, de comment elles ont traversé ce cancer », explique le Neuchâtelois.
Au-delà de l’objet imprimé, il s’agit aussi d’un geste de solidarité : « Il y avait l’idée de sensibiliser, mais aussi de récolter des fonds. Le calendrier, avec ses douze pages, s’y prêtait bien », précise-t-il.
Guillaume Perret : « J’avais envie de faire ressortir quelque chose de joyeux. »
Guillaume Perret a souhaité éviter toute lourdeur dans le traitement visuel. « Ces personnes traversent une période très difficile, mais j’avais envie de faire ressortir quelque chose de joyeux pour qu’elles se trouvent belles sur les photos. Et puis pour que ça donne envie d’être regardé. »
Pour enrichir le projet, il a proposé que chaque participant et participante pose avec un objet qui l’a aidée à traverser l’épreuve et « pour que la personne puisse parler d’elle au-delà de son visage. » Certaines ont choisi un objet concret, d’autres, une personne proche : une soignante, un ami, un compagnon de route.
Une journée de partage
La séance photo s’est déroulée dans la joie. « On a tout fait le même jour avec l’idée que ce soit un moment de réunion, presque festif, où chacune et chacun se sente entouré », raconte Guillaume Perret.
Le photographe a mis un point d’honneur à installer une atmosphère bienveillante : « Sur le moment, l’ambiance était joyeuse. J’essaye toujours de mettre les gens à l’aise pour qu'ils aient quelque chose de naturel. Mon souci, c’était qu’ils soient fiers d’apparaître sur ce calendrier et les montrer comme des héros qui ont traversé une épopée difficile. »
« J’avais surtout le souci que les personnes se trouvent belles. »
Pour Guillaume Perret, l’art apporte une dimension particulière à la prévention. « Il y a énormément de sujets compliqués qui touchent aux sentiments et à l’invisible. Dès que les mots ne suffisent plus, l’art entre en jeu : il est capable de communiquer des émotions entremêlées, explique le photographe. Chacun ressent un message qui lui est propre. » Les douze visages racontent des histoires que des mots seuls n’arrivent pas toujours à transmettre.
À travers ce projet, il espère que les visiteurs se laisseront toucher : « Si ces portraits attirent les gens et qu’ils se projettent un peu dans le vécu de ces personnes qui ont accepté de témoigner, c’est déjà gagné », confie-t-il en souriant.
Une exposition itinérante
Après La Chaux-de-Fonds, les portraits voyageront : ils seront visibles au Musée d’ethnographie de Neuchâtel du 14 au 24 octobre, puis dans le hall de l’hôpital de Pourtalès dès le 25 octobre.
Un parcours symbolique pour un projet qui allie sensibilisation, mémoire et beauté. « Ce n’est pas juste un portrait joli, insiste Guillaume Perret. Il y a un contexte très important, une expérience humaine vécue pour de vrai. Et tout spectateur peut le comprendre, même sans texte. » /lph









