La fragilité des papillons face à l’imagerie consumériste à Estavayer

Le Musée d’Estavayer-le-Lac et ses grenouilles consacre sa nouvelle exposition temporaire aux ...
La fragilité des papillons face à l’imagerie consumériste à Estavayer

Le Musée d’Estavayer-le-Lac et ses grenouilles consacre sa nouvelle exposition temporaire aux œuvres et aux réflexions de l’artiste Gaël Sapin.

Maxime Papaux, directeur du Musée d’Estavayer-le-Lac et ses grenouilles, devant l'un des slogans réalisés par l'artiste Gaël Sapin. Maxime Papaux, directeur du Musée d’Estavayer-le-Lac et ses grenouilles, devant l'un des slogans réalisés par l'artiste Gaël Sapin.

Quand l’urgence environnementale est reléguée au second plan. Le Musée d’Estavayer-le-Lac et ses grenouilles met en lumière le travail de Gaël Sapin dans sa nouvelle exposition temporaire intitulée « Combien est encore ? », qui est à voir jusqu’au 31 décembre.

L’artiste, qui a grandi entre Estavayer et Lully, souhaite montrer comment la logique consumériste tend à effacer la fragilité et la disparition de la biodiversité. Les visiteurs pourront ainsi découvrir une dizaine de toiles à l’acrylique arborant des slogans et une cinquantaine de papillons dessinés au fusain et au pastel, disséminés dans la même pièce. L’exposition joue sur la hauteur d’accrochage des œuvres pour donner plus de forces aux slogans, reléguant les insectes aux marges. « La norme d’accrochage des œuvres, qui est en vogue depuis longtemps en Suisse, veut que des images soient installées à 1m48 de haut depuis le sol », explique Maxime Papaux, directeur du Musée d’Estavayer-le-Lac et ses grenouilles. Les toiles en acryliques captent l’attention des visiteurs dès leur entrée dans la pièce, alors qu’il faut davantage de temps pour discerner les insectes.

Maxime Papaux : « Vous découvrirez des papillons au fusain qui sont en quelque sorte marginalisés par cette manière de présenter les œuvres ».

Les réflexions de Gaël Sapin émanent de l’exode d’une colonie de hiboux et de chouettes, chassés par l’élagage de leur habitat au profit d’une zone de loisirs pour un camping.

Dans cette exposition, l’artiste a toutefois choisi le papillon pour incarner la fragilité de la biodiversité. Selon le rapport 2023 de l’Office fédéral de l’environnement, seuls 46% des 226 espèces indigènes de papillons diurnes sont considérés comme non menacés ; des chiffres qui ont alimenté la réflexion de Gaël Sapin. L’artiste a réalisé ses dessins de papillons au fusain et au pastel, des techniques qui s’illustrent elles aussi par leur fragilité.

Gaël Sapin : « On ne peut pas toucher les dessins sans les casser ou les détruire. »

L'un des papillons réalisés par Gaël Sapin. L'un des papillons réalisés par Gaël Sapin.

Au contraire, les slogans sont eux réalisés à l’acrylique, bien plus tenace. Pour Gaël Sapin, il s’agit d’amener les visiteurs à développer leurs propres réflexions sur les conséquences néfastes de certains changements, brandis souvent comme une évolution positive. /sbm

Le Musée d’Estavayer-le-Lac et ses grenouilles. Le Musée d’Estavayer-le-Lac et ses grenouilles.


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