Un ancien orphelinat qui a évolué. A Dombresson, la Fondation Borel existe depuis presque 150 ans. Ce Centre pédagogique et thérapeutique du Val-de-Ruz fait partie du dispositif cantonal de protection de l’enfance, sous l’égide du Service de protection de l’Adulte et de la Jeunesse (SPAJ) neuchâtelois. Elle prend en charge des jeunes qui ont besoin de classes spécialisées ou d’un accompagnement thérapeutique plus important que dans le système traditionnel. Au total, 35 personnes sont prises en charge en internat complet et une dizaine en internat partiel, sans compter les accompagnements en ambulatoire. À l’occasion des journées du patrimoine, quatre visites sont organisées ce dimanche. « C’est une visite riche, avec la visite des anciens bâtiments, notamment d’un ancien appartement, ensuite il y aura possibilité de déguster des sèches au beurre dans le plus grand four à pain conservé en Suisse romande », énumère Nicole Froidevaux historienne à l’office cantonal du patrimoine bâti et immatériel (OCPI).
Nicole Froidevaux : « Visiter ces bâtiments, ça permet de voir en quoi l’histoire sociale y est inscrite. »
Comprendre la Fondation Borel
Pour remonter à l’origine de la Fondation, il faut ouvrir les livres d’archives. Plusieurs bâtiments du complexe étaient un orphelinat, dont la construction a été rendue possible par le don, posthume, de Jean-Louis Borel, riche commerçant en vin. En 1880, l’institution ouvre donc ses portes avec un système particulier. Au départ, seuls la maison du directeur, une maison double ainsi que des services généraux et une ferme sont construits par l’architecte Alphonse Droz. Quatre nouvelles maisons verront ensuite le jour, notamment celle qui fait l’objet de visites aux journées du patrimoine cette année. Érigée par l’architecte Jean-Ulysse Debély, elle présente son lot de complexité : « beaucoup d’éléments d’époque subsistent, comme les boiseries anciennes ou les fenêtres », souligne Nicole Froidevaux.
Particularité de l’orphelinat, peu commune pour le 19e siècle, les enfants vivent en « famille » dans les maisons. « C’était carrément un papa, une maman, qui avaient des enfants et qui s’occupaient en plus d’une quinzaine d’enfants », explique Hubert Chèvre, président de l’association du four à pain.
Si, actuellement, la Fondation n’est plus un orphelinat, certaines valeurs sont restées. « Le patrimoine de la Fondation est omniprésent, on vit dans un espace avec des bâtiments qui font partie de cette histoire », souligne Yann Stoller, directeur de la Fondation Borel.
Tour d'horizon de la vie de l'époque à l'orphelinat
Une plongée dans l’histoire
Les bâtiments historiques, encore présents sur les lieux témoignent donc de la vie de l’époque. « L’orphelinat vivait en autarcie, il y avait plusieurs hectares de culture de blé. Dans le four, on faisait le pain une ou deux fois par semaine », explique Hubert Chèvre.
Hubert Chèvre : « Le Val-de-Ruz, c’était un peu le grenier du canton. »
Si l’orphelinat s’est transformé en Centre pédagogique et thérapeutique, c’est en raison de l’évolution de la réalité d’accueil : « On a évolué vers des jeunes, porteurs de difficultés qui avaient besoin d’un autre type d’accompagnement », explique Yann Stoller, directeur de la Fondation Borel.
Yann Stoller : « Les familles telles qu’elles étaient composées n’étaient plus le modèle dans lequel l’institution allait se développer. »
Cet ancien orphelinat dit « pavillonnaire », pourra donc être visité à l’occasion des journées européennes du patrimoine 2025, comme d’autres bâtiments dans le canton de Neuchâtel. La liste complète est à retrouver sur le site du service de la culture. /ecr-comm










