Le Conseil des États s’est prononcé mercredi en faveur d’une extension du chômage partiel de 24 mois. Une perspective qui réjouit certaines entreprises neuchâteloises : « On a déjà bien taillé dans le gras. »
La chambre des cantons veut prolonger le recours au chômage partiel pour soulager les entreprises. Le Conseil des États a accepté mercredi à l’unanimité de rallonger de 24 mois les RHT. Le Conseil National doit encore se prononcer sur le sujet au cours de cette session. En marge de cette décision, le parlementaire neuchâtelois socialiste Baptiste Hurni a rappelé l’importance majeure d’un tel outil pour les entreprises dans la situation économique internationale actuelle. Pour certaines firmes, cette perspective est un soulagement : « C’est quand même rassurant », explique Bernard Schumacher, chef d’une petite PME de La Grande Béroche spécialisée dans la construction de machines-outils.
Depuis le début de l’année, l’entreprise est impactée par le ralentissement de l’économie en Allemagne, premier marché de cette PME et par les taxes douanières imposées par Donald Trump. « Nous n’exportons pas directement aux États-Unis, mais nous avons beaucoup de sous-traitants qui utilisent nos machines et qui y vendent leurs produits », explique le directeur. Une situation délicate qui a déjà forcé la petite société à se séparer de deux employés pour garder la tête hors de l’eau. « Par la suite, nous nous sommes rendu compte que nous ne pourrions pas continuer comme ça, alors nous avons eu recours au chômage partiel pour quatre collaborateurs ». La décision du Conseil des États, rendu mercredi, est une bonne nouvelle selon Bernard Schumacher, aujourd’hui son entreprise tourne avec le minimum syndical.
Bernard Schumacher, directeur d’une PME neuchâteloise : « Nous n’avons plus que les collaborateurs indispensables. »
Une bonne décision donc, selon le directeur, mais qu’il relativise : « Le recours aux RHT n’est pas facile », ajoute-t-il. Le besoin d’un dossier solide et la preuve que l’entreprise fait des démarches sont requis pour obtenir le chômage partiel. « Il ne faut pas voir ça comme une mesure idyllique », rappelle ce dernier.
Bernard Schumacher : « On ne doit pas attendre que l’argent tombe des RHT. »
Bernard Schumacher se montre confiant quant à l’avenir. « Je crois que ça va bouger », estime le directeur. Ses machines répondent à un besoin : cela n'est plus à prouver selon ce dernier. « Oui, la consommation a baissé et il y a du stock. Immanquablement, on va continuer à consommer ». /crb









