Nourrir environ 200 personnes avec des aliments qui étaient voués à être jetés. Voilà le défi relevé ce samedi à Neuchâtel par l’association Foodwaste.ch, active dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. « Chaque Neuchâtelois jette en moyenne 75 kilos de nourriture par année, soit l’équivalent de 500 francs de denrées », indique Karim Hächler, responsable de projets et communication pour la Suisse romande chez Foodwaste.ch.
A l’aide de nombreux partenaires, les organisateurs ont préparé un banquet de plus de 200 couverts dans la cour du collège de la Promenade à l’heure du dîner. Les personnes intéressées pouvaient se servir librement et payer le montant qu’ils estimaient être juste. Vers 13h, 150 participants avaient déjà pris la direction du buffet.
Les quelque 250 kilos de marchandises proviennent d’invendus « de grossistes et de détaillants », explique Karim Hächler, Il s’agit d’aliments invendus parce qu’ils sont « hors calibres, hors normes, ou parce que leur date de durabilité minimale est dépassée », ajoute-t-il. Il faut savoir qu’en Suisse, il existe deux systèmes de datation des aliments. Karim Hächler indique que ceux qui affichent la mention « à consommer de préférence avant », peuvent être consommés entre 6 et 360 jours au-delà de cette date, en fonction de l’aliment dont il s’agit. Foodwaste.ch propose des informations à ce sujet sur son site Internet. Il ne faut toutefois pas confondre cette mention avec celle qui précise « à consommer jusqu’au ». « Là, c’est une indication de sécurité. Il ne faudrait théoriquement pas consommer ces aliments après la date indiquée sur l’emballage, à moins que ce genre de denrées puisse être congelées », explique Karim Hächler.
Karim Hächler : « Ce genre de denrées alimentaires [réd. : celles qui ont une date de durabilité minimale], il est possible de les consommer après la date indiquée sur l’emballage entre plus 6 jours et jusqu’à 360 jours. »
Les participants interrogés se disent heureux du contenu de leur assiette. « On aurait pu le servir dans un grand restaurant, ça aurait été la même chose », selon Clémence. Pour Anthony, on est aujourd’hui « trop déconnectés de ce que l’on mange ». Il appelle à une meilleure sensibilisation à l’alimentation dans les écoles notamment. « La base pour être bien dans la vie, c’est de bien manger », conclut-il. Amelle, âgée de 12 ans, s’investit justement dans la sensibilisation à ce genre de questions auprès des plus jeunes qu’elle.
Clémence : « C’est fameux ! »
Derrière ce banquet, il y a des cuisiniers qui ont passé leur nuit à valoriser ces invendus. Marylin Béguin, de l’association Free go, et son équipe de bénévoles ont travaillé de 17h le vendredi soir jusqu’à midi ce samedi pour concocter des bruschettas, de la salade niçoise, du taboulé, du poisson et toute une variété de légumes épluchés un par un. Une belle gamme de desserts attendait aussi les participants. Des fraises un peu amochées ont été transformées en soupe, de même que des melons. Un cake aux peaux de bananes est aussi sorti du four.
Marylin Béguin : « On est facilement à 250 kilos de marchandises. »
Marylin Béguin oscillait entre fatigue et fierté au moment où les plats étaient dressés sur les tables.
Cette année, l’association Foodwaste.ch a mis sur pied une vingtaine de banquets dans différentes villes de Suisse. Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de la Confédération de réduire de moitié le gaspillage alimentaire dans le pays d’ici 2030 par rapport à 2017. Un bilan des mesures incitatives mises sur pied jusqu’à présent sera tiré à la fin de l’année. /sbm












