Pour avoir passé à tabac 22 recrues à la caserne de Colombier dans le cadre d'une cérémonie de promotion en 2018, une commandante de l’armée suisse et douze officiers ont récemment été condamnés par la justice militaire, affirment différents journaux ce mardi.
Une affaire de bizutage devant la justice militaire. Une commandante de l’armée suisse et douze officiers ont été condamnés pour un passage à tabac qui était survenu en 2018 à la caserne de Colombier, selon plusieurs journaux alémaniques : l'Aargauer Zeitung, la Luzerner Zeitung et la St. Galler Tagblatt.
Les faits se sont déroulés lors d'une cérémonie de remise de grade. Les prévenus ont été reconnus coupables de voies de fait sur la personne d'un subordonné. Ils ont été condamnés à une peine pécuniaire de 15 jours-amende à 170 francs, avec sursis pendant deux ans et à une amende additionnelle à titre de sanction immédiate de 400 francs.
Rassemblées dans la cour de la caserne, les recrues ont reçu leur insigne de soldats. Comme le veut la tradition militaire, les officiers avaient l'autorisation de taper sur l'insigne nouvellement remis, soit à "la hauteur de clavicule droite", indique le jugement des autorités militaire que Keystone-ATS a pu consulter.
Les frappes données aux soldats ont fait perdre l'équilibre à certains d'entre eux et des "bruits sourds" ont résonné dans la cour de la caserne, soulignent les juges. Le déroulé de la soirée a toutefois dégénéré plus tard lors d'une seconde remise d'insigne.
Avant la deuxième remise, la commandante, aujourd'hui major, a déclaré qu'elle tolérait "jusqu'à deux clavicules cassées", selon le jugement. Les frappes ont alors duré près d'un quart d'heure et certaines ont été tenus pour "excessives".
D'abord jugée "festive et euphorique", la soirée a ensuite dégénéré, tournant à une forme de "déchainement", écrivent les juges. Les coups donnés aux recrues ont été décrits comme "déplacés ou donnés avec rage et haine", par des cadres qui se sont "défoulés" sur les soldats.
Vingtaine de blessés
Dans les jours suivants, pas moins de 22 soldats ont consulté le médecin militaire. Ils présentaient des "contusions et des hématomes de tailles diverses", selon le jugement. Les soldats se plaignaient également de vives douleurs au niveau de l'épaule droite et du torse.
Le médecin a même décelé une fracture costale chez un des blessés et une côte fêlée chez un autre. Un troisième s'est présenté avec un hématome de 20 centimètres de long pour 8 centimètres de large sur le bras droit ainsi qu'une dyspnée sur le thorax. Au total, le médecin militaire a établi des dispenses pour 14 des soldats qui sont venus le consulter et a déposé la plainte contre les officiers.
Dans son jugement, le Tribunal militaire de cassation explique que la commandante, qui est aujourd'hui major au sein de l'armée, a "pleinement mérité" son statut. Il explique encore qu'il n'est pas une autorité d'appel auprès de laquelle les faits pourraient être rediscutés librement.
/ATS-sbm








