« On est venu en Suisse dans le but de commettre des cambriolages ». Trois jeunes femmes dans la vingtaine comparaissaient jeudi matin devant le Tribunal criminel de Neuchâtel pour des vols commis en début d'année dans des habitations du littoral.
Elles ont volé des bijoux, de l’or et du numéraire pour plus de 263'000 francs. Trois jeunes filles comparaissaient ce jeudi matin devant le Tribunal de police de Neuchâtel pour 8 cambriolages sur le Littoral neuchâtelois entre décembre et février dernier.
Âgées de 20 à 24 ans, les trois femmes ont débarqué de France à la fin de l’année dernière. On ne sait pas exactement de quelle région de l’Hexagone elles sont arrivées. Probablement d’un camp de gens du voyage situé en banlieue d’une grande ville française, estime le procureur. Ce qui est sûr, c’est qu’elles sont venues en Suisse pour commettre des cambriolages. Elles le disent sans ambages devant la cour. Mais elles ne sont pas fières. En larmes, elles s’excusent des forfaits commis et assurent qu’on ne les y reprendra plus.
Au moins huit cambriolages sur le Littoral
Elles ont commis leurs méfaits à Colombier, Vaumarcus, Cressier, Boudry, Wavre et Chez-le-Bart et peut-être aussi dans les cantons de Berne, de Fribourg et du Valais.
À chaque fois le scénario est le même : elles pénètrent sans droit dans une villa ou un appartement et emportent avec elles des objets de valeurs.
À la question de la juge de savoir ce qu’elles ont fait de leur butin, les réponses varient. L’une d’elles assure avoir jeté les montres subtilisées, ne sachant pas de quoi il s’agissait. Une autre affirme que les objets volés ont parfois été vendus à « des Roumains, dans un camp près de Lyon ». Elles se seraient partagé les 3'000 et 4'000 francs touchés. Une toute petite somme en comparaison du montant total du butin s’étonne la présidente du tribunal. Les trois prévenues l’assurent : personne ne leur a demandé de commettre ces forfaits. Ce sont elles qui ont eu l’idée de venir cambrioler des villas en Suisse, insistent-elles.
Présente à l’audience, une des victimes s’interroge : comment et où ces trois frêles jeunes filles ont-elles appris à forcer une porte. « Mon ex », répond l’une, « une copine », dit l’autre, « personne », poursuit la troisième.
Des antécédents
Dans son réquisitoire, le procureur a demandé à la cour de retenir les charges de vol en bande et par métier, de dommages à la propriété et de violation de domicile.
Le Ministère public a eu vent d’antécédents similaires avec la justice des mineurs en France pour au moins deux des trois jeunes femmes. Des forfaits ayant été enregistrés sous d’autres identités, ce qui fait dire au procureur qu’il est fort probable que la justice suisse n’est pas au courant de tout.
Sur le territoire helvétique les prévenues sont considérées comme des délinquantes primaires, c’est-à-dire inconnues jusqu’ici de la justice. Pour cette raison, le procureur requiert un sursis complet pour accompagner des peines de 16 à 23 mois de prison. Il plaide également l’expulsion du territoire pour 7 ans, ce que les prévenues, incarcérées en Suisse depuis le 14 février 2025, appellent de leurs vœux.
Des pions
Dans leurs plaidoiries les avocats confirment le dommage à la propriété et la violation de domicile. En revanche, ils demandent à la cour de retenir le vol simple plutôt que le vol en bande et par métier. Pour eux, il n’y a pas d’organisation entre les jeunes femmes. Un des hommes de loi dira : « On a trois pions qui sont en 1ère ligne ». Un autre ajoutera : « Il y a probablement des pressions des membres de leur clan ». Ils réclament de peines s’échelonnant de 6 à 18 mois assorties de sursis et de l’expulsion du territoire.
Le jugement sera rendu le 4 septembre. /cwi









