L’actuelle exposition temporaire du Musée La Grange à Môtiers donne carte blanche au violoniste suisse et collectionneur privé Jürg Dähler. L’artiste fait dialoguer des œuvres picturales aborigènes contemporaines et des musiques qu’il a lui-même interprétées.
Un dialogue entre œuvres picturales aborigènes et musique de la période baroque à nos jours : c’est la proposition de l’actuelle exposition temporaire du Musée La Grange à Môtiers, à découvrir jusqu’au 26 octobre. Les fondateurs du musée, Theresa et Gérard Burkhardt-Felder, ont invité leur ami Jürg Dähler, violoniste professionnel suisse installé à Winterthour et collectionneur privé, à présenter non seulement une sélection des tableaux contemporains qu’il accumule chez lui depuis sa découverte de l’art aborigène australien, mais également à explorer leurs liens avec des œuvres musicales qu’il a interprétées au cours de sa carrière. « Une opportunité unique » à laquelle Jürg Dähler a répondu avec enthousiasme : « Un musée de cette qualité, ici à Môtiers, c’est extraordinaire, c’est un diamant duquel on sort enrichi. »
Jürg Dähler : « Je ne m’attendais pas à un tel choc en découvrant l’art aborigène australien. »
Une « attirance inattendue »
« Tout a commencé par un choc, en 1988. Je m’étais rendu à Sydney pour jouer dans un festival de musique. Passionné de peinture, mais n’y connaissant rien à l’art aborigène, j’ai visité le Museum of New South Wales et je suis resté figé, pendant une demi-heure, devant trois grands tableaux de Rover Thomas, un peintre qui est aux Australiens ce que Picasso est aux Espagnols », raconte Jürg Dähler. Devant cette « attirance inattendue », le musicien a eu « envie de comprendre », puis, quelques années plus tard, de ramener chez lui « un morceau de cette culture, de cette terre. »
La découverte d’un artiste en conduisant à un autre, Jürg Dähler attrape « le virus du collectionneur » et acquiert, au fil des ans et de ses nombreuses visites en Australie, plus de 200 œuvres contemporaines. « Je les expose chez moi, une vingtaine à la fois, et les remplace régulièrement, un peu comme si je réameublais ma maison. » Le musicien les accroche également dans son studio d’enregistrement où il apprécie la manière dont ils l’inspirent dans son travail : « ça vibre, ça permet de s’interroger sur ce qu’on veut, ce qu’on fait. Une œuvre est toujours un miroir de son spectateur, c’est enrichissant. »
Une exposition temporaire rendue permanente par son catalogue
D’une sélection de peintures à l’ocre à des toiles acryliques en passant par quelques éléments sculptés, chacune des 59 œuvres de l’exposition Beyond Inspiration du Musée La Grange s’accompagne d’un QR code permettant d’écouter l’extrait musical sélectionné par le violoniste. Un parcours qui, dans son intégralité, permet une immersion de deux heures et demie dans l’univers musical de Jürg Dähler et de sa collection. Le catalogue de l’exposition, agrémenté de photographies de chaque œuvre ainsi que du QR code correspondant, offre aux visiteurs la possibilité de faire perdurer l’expérience, « transformant ainsi cette exposition temporaire en une forme d’exposition permanente. » /aes










