Les centrales sur l’Areuse tournent au ralenti

Sans lacs de retenue, la production des centrales hydroélectriques sur l'Areuse a chuté à environ ...
Les centrales sur l’Areuse tournent au ralenti

Sans lacs de retenue, la production des centrales hydroélectriques sur l'Areuse a chuté à environ 20% de leurs capacités maximales de turbinage cet été. Un taux légèrement inférieur à la moyenne saisonnière, que les orages ne peuvent faire remonter que de manière temporaire.

Les eaux de l’Areuse sont turbinées par quatre centrales hydroélectriques, dont celle de Saint-Suplice. (Photo : © Groupe E) Les eaux de l’Areuse sont turbinées par quatre centrales hydroélectriques, dont celle de Saint-Suplice. (Photo : © Groupe E)

Les centrales hydroélectriques au fil de l’eau manquent de courant. Le constat est habituel durant la saison estivale, lorsque le débit des rivières baisse. Or, ces installations ne possédant pas de bassin d’accumulation, elles demeurent tributaires de la quantité d'eau immédiatement disponible dans les rivières pour fournir de l’énergie.

Les eaux de l’Areuse sont turbinées par quatre centrales au fil de l’eau, exploitées par Viteos et Groupe E. « Sur notre petite centrale de Saint-Sulpice, nous constatons cette année une baisse de 15 à 20% de production » par rapport aux dernières années, observe Jérémy Urech, responsable des infrastructures de la région neuchâteloise chez Groupe E. En cause, une année 2025 plus sèche que la moyenne.

Jérémy Urech : « Ce n’est pas anormal, les apports sont relativement faibles en période estivale. »

Du côté de Viteos, les centrales ne tournaient qu’à environ 20% de leurs pleines capacités ces dernières semaines, par rapport à leur puissance de turbinage maximale atteinte en période hivernale.


Regain temporaire après l’orage

Durant l’été et l’automne, la production est « forcément très aléatoire », remarque Sébastien Grossin, responsable production chez Viteos. « Les forts orages peuvent permettre de maintenir le cours d’eau et d’avoir une production qui reste intéressante, mais nous pouvons aussi être confrontés à des épisodes de sécheresse qui nous placent en très basse production. » Un épisode orageux offre ainsi quelques jours de regain d'activité aux centrales au fil de l’eau, avant de retrouver le débit initial deux à trois jours plus tard. Des épisodes météorologiques toujours moins prévisibles, constate le responsable.

Sébastien Grossin : « Beaucoup d’eau arrive très vite, mais repart aussi très vite parce qu’elle ruisselle » sur les sols secs.

Compenser sur les marchés

Pour que le manque de courant des rivières ne se propage pas aux prises électriques des consommateurs, les fournisseurs d’électricité doivent équilibrer la quantité d’énergie demandée à celle distribuée. Lorsque les électrons produits ne suffisent pas, « nous allons acheter sur le marché la différence manquante pour approvisionner nos clients », explique Jérémy Urech, de Groupe E. Par exemple auprès des exploitants de barrages valaisans, remplis par l'eau de fonte des glaciers durant l'été.

La production hydroélectrique de Groupe E provenant pour les deux tiers de centrales au fil de l’eau (le reste est assuré par des barrages avec un lac d’accumulation), un épisode de sécheresse peut entrainer des achats significatifs : « À certaines périodes, nous devons nous approvisionner pour plus de la moitié de notre production sur les marchés », détaille Jérémy Urech.

Jérémy Urech : « À certaines périodes, nous devons nous approvisionner pour plus de la moitié de notre production sur les marchés. »

Viteos compte aussi largement sur l’énergie de ses centrales au fil de l’eau pour alimenter ses abonnements Areuse et Areuse +. Ces deux courants verts annoncent respectivement entre 100% et 95% d’électricité issue des centrales hydroélectriques neuchâteloises en moyenne annuelle. Alors lorsque l’eau vient à manquer, l’entreprise admet sur son site Internet que « la composition de nos produits verts peut présenter d’éventuelles variations » en raison des fluctuations météorologiques. Elle ajoute toutefois s’engager à « fournir des garanties de remplacement provenant exclusivement de sources renouvelables prioritairement suisses ou européennes. »


Le solaire à la rescousse

Développer des capacités de production d’énergie photovoltaïque fait aussi partie des pistes d’équilibrage, selon les deux spécialistes. « Si vous n’avez pas d’eau, vous avez en principe du soleil », note Sébastien Grossin, de Viteos. « En période de moindre production hydroélectrique, nous avons en principe une meilleure production photovoltaïque. Elle permet d’atténuer ces variations », conclut-il. /jti


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus