L’audit au sein du DFCS accable le management du ministre Martial Courtet

Le Gouvernement jurassien a rendu publiques ce mercredi les conclusions de l’audit mené au ...
L’audit au sein du DFCS accable le management du ministre Martial Courtet

Le Gouvernement jurassien a rendu publiques ce mercredi les conclusions de l’audit mené au sein du Département de la Formation, de la Culture et des Sports (DFCS). Il relève une « peur généralisée » et dénonce d’importants « déficits managériaux » du ministre. Le Service de la formation postobligatoire lui est retiré.

Le Gouvernement jurassien retire provisoirement le Service de la formation postobligatoire au ministre de la Formation,de la Culture et des Sports, Martial Courtet. (Photo d'archives : Georges Henz) Le Gouvernement jurassien retire provisoirement le Service de la formation postobligatoire au ministre de la Formation,de la Culture et des Sports, Martial Courtet. (Photo d'archives : Georges Henz)

Les résultats de l’audit dévoilé ce mercredi sont accablants à l’encontre du management du ministre jurassien Martial Courtet. Commandé par le Gouvernement jurassien à un mandataire externe, le document corrobore la teneur des témoignages relayés par l’enquête de RFJ sur les départs de collaborateurs au Département de la Formation, de la Culture et des Sports (DFCS) et les problèmes liés au management de Martial Courtet, ministre en charge du département. Au total, 65 témoignages ont été recueillis, dont un tiers provient de personnes volontaires.

À la suite de ce rapport, le Gouvernement jurassien a décidé de transférer la responsabilité du Service de la formation postobligatoire au Département de l'Intérieur « jusqu'à nouvel avis », a-t-il indiqué lors de la présentation de l'audit ce mercredi après-midi. Martial Courtet s'est lui engagé à « mettre en oeuvre un plan d'action personnel incluant notamment une formation en matière de management et un accompagnement individuel ».


Climat de peur et autoritarisme

L’audit ne fait pas état de pratiques ou de comportements punissables juridiquement. Toutefois, il constate un climat de « peur assez généralisée », identifié comme le principal problème qui entraîne une confiance en berne et la démotivation de collaborateurs en souffrance au sein des services dirigés par Martial Courtet. Le document pointe également « d’importants déficits managériaux et des comportements souvent inadéquats » de la part du ministre. Sont évoquées des réactions de colère et de menace « bien plus fréquentes que ce que l’on est en droit d’attendre d’un ministre ».

L’audit décrit Martial Courtet comme un homme qui développe un autoritarisme « lorsqu’il se sent en danger ou en perte de maîtrise ». Le document dépeint une personne en proie à « des peurs latentes – de ne pas exister, de décevoir, de ne pas maîtriser, de pas être réélu et considéré » qui entraînent un management inadéquat, peu serein ou sécurisant pour les collaborateurs. Le ministre peut aussi « mentir et fuir les choses, pour éviter de reconnaître un mensonge ou une contradiction évidente » lorsqu'il est contesté ou pris en défaut.

Martial Courtet est encore décrit comme étant « orienté sur les résultats » et sujet à ce qui est perçu comme des « dérives électoralistes » : « Il a naturellement mis la priorité sur la satisfaction de ses électeurs plutôt que sur l’engagement de ses équipes. » Selon le rapport, le ministre reste « une personne au fond agréable, à l’écoute et bienveillante, mais qui peut devenir inappropriée voire dangereuse dans certains contextes défavorables ».


Dynamique pas satisfaisante au Gouvernement

L'audit révèle également des soucis au sein du Gouvernement jurassien. Tous les ministres de la législature ont été audités. Il en ressort que « la dynamique collective actuelle au Gouvernement n'est pas satisfaisante. » Selon l'auditeur, Martial Courtet peine « à privilégier l'intérêt commun » et adopte des postures « parfois fuyantes ou rigides », qui rendent le travail « peu efficace, peu agréable et parfois même carrément impossible. » Les membres du Gouvernement auraient testé la confrontation « sans grand succès » et semblent résignés, « même si un mieux a été reconnu depuis la phase d'audit ».


Quel avenir pour le ministre ?

Selon les conclusions de l’audit, rétablir un climat serein sera compliqué : « Le défi n’est pas impossible (…). Et au vu de nos entretiens, il semble que cela sera plutôt difficile à obtenir, l’envie de changement étant forte partout. » Le rapport suggère au ministre d’établir un plan de progrès, supervisé par le Gouvernement.

L’audit recommande à Martial Courtet « d’opter pour une nouvelle orientation de carrière plus en lien avec son talent ». Pour l'heure candidat à sa réélection en octobre prochain, le ministre devrait également « confirmer l’opportunité de sa candidature avec son parti », préconise l’audit.

De son côté, Le Centre Jura tiendra ce mercredi soir un comité directeur élargi afin de réévaluer la candidature de Martial Courtet. /jpi-gtr


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