La « Pasigraphie » de Rousseau est de retour à Môtiers

La nouvelle exposition temporaire du Musée Rousseau à Môtiers met en lumière la passion pour ...
La « Pasigraphie » de Rousseau est de retour à Môtiers

La nouvelle exposition temporaire du Musée Rousseau à Môtiers met en lumière la passion pour la botanique du philosophe et écrivain du 18e siècle. L’exposition présente un manuscrit de Jean-Jacques Rousseau prêté de manière exceptionnelle par la BPUN. Des œuvres d’artistes contemporains lui font écho sur le thème des mousses et des lichens.

L'exposition fait dialoguer le manuscrit de Jean-Jacques Rousseau avec une série d'œuvres contemporaines commandées ou prêtées pour l'occasion à la demande de Nicolas Fiquet. L'exposition fait dialoguer le manuscrit de Jean-Jacques Rousseau avec une série d'œuvres contemporaines commandées ou prêtées pour l'occasion à la demande de Nicolas Fiquet.

« Jean-Jaques Rousseau n’a pas fait qu’écrire des textes littéraires ou philosophiques, il s’est également passionné pour la botanique, en autodidacte, dès son arrivée au Val-de-Travers où il a trouvé refuge après la condamnation de ses dernières publications, Emile ou De l'éducation et Du contrat social en 1762. » Le décor de la nouvelle exposition temporaire du Musée Rousseau, à Môtiers, intitulée « Mousses et Lichens », est ainsi planté par Nicolas Fiquet, son conservateur-adjoint.

Durant son exil, le philosophe et écrivain du 18e siècle, ressentant « le besoin de se divertir, passe son temps à se promener dans la nature et à herboriser. » Les ouvrages de botanique de l’époque étant trop volumineux pour les emmener en promenade, Jean-Jacques Rousseau développe son propre système de symboles pour décrire les plantes. Pasigraphie, son manuscrit, point central de l’exposition temporaire, a été prêté au musée de manière exceptionnelle par la Bibliothèque universitaire de Neuchâtel (BPUN). « A l’image de son invention de système de notation musicale, la Pasigraphie de Rousseau n’aura aucune postérité, mais il est assez symbolique de la montrer au public à l’endroit même où elle a été inventée », glisse Nicolas Fiquet.

Nicolas Fiquet: « Ce n'est pas le premier système de notation un peu innovant et intéressant que Rousseau invente. »

Echos contemporains

L’exposition temporaire, à découvrir jusqu’au 12 octobre, met en relation la Pasigraphie de Jean-Jacques Rousseau avec l’un des vingt volumes manuscrits de l’herboriste neuchâtelois Louis Benoît, également prêté par la BPUN, dont « l’ambition, une génération après Rousseau, était d’inventorier toute la flore neuchâteloise. »

La petite salle présente également une série d’œuvres contemporaines réalisées par des artistes neuchâtelois et suisses « dont le travail fait écho à la passion de Rousseau pour la botanique. » Certaines œuvres ont été réalisées à la demande de Nicolas Fiquet. C’est le cas de l’affiche, signée du Neuchâtelois Mandril, qui présente un portrait de l’écrivain composé de mousses et lichens « à la manière du peintre italien Arcimboldo ».

L’exposition temporaire a même une dimension auditive : au moyen d’un QR-code, les visiteurs peuvent découvrir l’exposition en écoutant un morceau de musique électronique imaginé par le groupe d’artistes neuchâtelois Versus Design.

«  Ces expositions portent, en quelque sorte, ma marque. »

Le manuscrit de l'ouvrage Le manuscrit de l'ouvrage "Pasigraphie" de Jean-Jacques Rousseau est le point central de l'exposition temporaire du Musée Rousseau.

Historien de l’art, Nicolas Fiquet, utilise ainsi son intérêt pour l’art contemporain pour « rendre Rousseau plus accessible au public de notre époque. En évitant de le laisser dans son lointain 18e siècle, l’intérêt est de montrer en quoi il est une étape dans l’histoire des idées et de notre sensibilité et comment il peut continuer de parler aujourd’hui aux artistes ainsi qu’aux visiteurs du musée. »

«  J'ai sollicité des artistes neuchâtelois et suisses dont le travail fait écho à la passion de Rousseau pour la botanique. »

En plus du musée, un hôtel dans la Maison Rousseau

Dès le mois d’octobre, à l’issue de son exposition « Mousses et Lichens », le Musée Rousseau fermera temporairement ses portes. Ceci afin de permettre à l’Etablissement cantonal d’assurance et de prévention (ECAP), propriétaire du bâtiment, de poursuivre les travaux nécessaires à la création d’un hôtel d’une douzaine de chambres. A sa réouverture, à une date encore à définir, le Musée Rousseau bénéficiera d’un espace d’exposition plus grand. /aes


 

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