Raconter, en l’espace de deux heures, 70 ans d’histoire du rock’n’roll : c’est le défi du spectacle actuellement en répétition au Théâtre des Mascarons, à Môtiers. Une quinzaine de comédiens-chanteurs s’attellent à donner vie à sept tableaux à découvrir sur les planches dès le mois de décembre. Jérôme Jeannin, Romain Jeanneret et Camille Semenzato en signent la conception et le texte.
Depuis quelques mois, les murs du Théâtre des Mascarons, à Môtiers, résonnent d’accords rock’n’roll. Une quinzaine de comédiens-chanteurs répètent « Une histoire du rock » signée Jérôme Jeannin, Romain Jeanneret et Camille Semenzato. Le spectacle vise à montrer « comment le rock’n’roll a cristallisé la révolte de la jeunesse, l’émancipation des noirs ainsi que la libération des corps et l’ouverture des esprits. » Après une pause estivale, les répétitions ont repris cette semaine. Le spectacle sera présenté au public dès le 5 décembre.
Issue d’une double frustration, le projet a été initié par Jérôme Jeannin, metteur en scène habitué des Mascarons : « Durant la pandémie de Covid-19, j’ai eu beaucoup de temps, j’allais dire à tuer, mais surtout pour m’intéresser à beaucoup de choses, dont l’histoire du rock, car j’entends souvent des morceaux sans savoir qui chante, ce qui m’énerve beaucoup. Je me suis documenté, j’ai découvert des histoires hallucinantes, des préoccupations de société, et je me suis dit que ça ferait un super spectacle. »
Un bouquin de 600 pages comme source d’inspiration
Épaulé pour la conception et le texte par Romain Jeanneret, habitué des planches des Mascarons et co-auteur, en 2018, de l’un de ses cabarets-revues, ainsi que par Camille Semenzato, professeure de grec qui a l’habitude d’adapter des pièces en français pour le Théâtre antique universitaire, Jérôme Jeannin avoue que si l’exercice de l’écriture a été passionnant, il n’a pas été évident : « Ma principale source d’inspiration était un bouquin de 600 pages, il a fallu trier et raconter, c’était une belle expérience, nous sommes assez complémentaires tous les trois. »
Jérôme Jeannin : « On a commencé par le plus difficile, Bohemian Rapsody de Queen. Dès la première répétition, j’ai eu les frissons. »
Le canevas du spectacle se compose de sept tableaux indépendants les uns des autres et qui racontent chacun un chapitre de l’histoire du rock. « On commence avant le rock’n’roll, au temps où la musique était ségréguée – noirs et blancs ne se mélangeaient pas – et on propose une espèce de grande photographie de 70 ans de la société américaine et anglaise. » Le rock français a été volontairement écarté de ce spectacle, « car il faudrait lui en consacrer un autre, à lui seul ! »
« Ce que j’ai découvert, c’est en quoi le rock a été une libération pour une génération de jeunes, ça a été une musique de révolte. »
Choix subjectifs
Sur scène, quinze comédiens-chanteurs et quatre musiciens professionnels donneront vie à ces tableaux. Ils interpréteront dix-sept chansons « emblématiques d’une certaine époque, d’un certain genre ou qui ont marqué un moment de césure dans l’histoire du rock. En préparant ce spectacle, on s’est demandé ce qui reste du rock aujourd’hui et où on s’arrête. Chronologiquement, la dernière chanson qu’on a décidé d’interpréter est de Nirvana, c’est vieux ! »
« C’est un choix complétement subjectif. »
Le choix, évidemment subjectif, des chansons comporte ainsi des morceaux d’Elvis Presley, Paul Anka, Rolling Stones, Love, Pink Floyd, David Bowie et Queen. /aes









