La récolte de la grande absinthe s’est terminée vendredi au Val-de-Travers. Elle s’est tenue dans un champ de Travers. Depuis 2002, quatre agriculteurs du Vallon sont regroupés au sein de l’Association des cultivateurs d’absinthe. Ils font pousser une partie des plantes qui servent à fabriquer la Fée verte sur un demi-hectare pour un rendement de 700 à 800 kilos de matière sèche, soit entre 60'000 et 70'000 litres d’absinthe. Yves Currit, l’un de ces agriculteurs, explique que « ça englobe la petite et la grande absinthe, l’hysope, la mélisse et la menthe poivrée. » Depuis la légalisation, ils cultivent davantage de grande absinthe que de petite. Un changement probablement dû à l'évolution du goût des consommateurs.
Yves Currit : « La grande est plus amère, la petite plus doucereuse, voire caramélisée. Elle est beaucoup utilisée pour faire de la coloration. »
Cette année, l’absinthe est magnifique
La grande absinthe est une plante du sud qui aime le sec, mais elle n’a pas trop souffert de la météo cette année, malgré un mois de juillet très humide. « Malheureusement, il y en a un petit peu moins. Elle a moins grandi et on a eu quelques pertes en hiver, même s’il n’a pas été très rude », explique Yves Currit. Et la cultiver n’est pas non plus très compliqué. L’une des difficultés, relève l’agriculteur, est le désherbage. Pour avoir un champ le plus propre possible. « C’est le gros challenge. » Vendredi, la récolte a été réalisée à la main. « On ne met pas beaucoup plus de temps et c’est plus propre. »
« C’est une plante vivace, presque une mauvaise herbe, donc ça pousse facilement partout. »
Seule la partie supérieure de la plante est récoltée. Étant une plante vivace, la grande absinthe ne doit pas être replantée chaque année. Elle est cultivée sur une bâche, ce qui empêche de mettre du compost sur le terrain. Et comme l'association travaille sans produit chimique, la terre s'épuise. Raison pour laquelle, après quelques années, d'autres variétés de plantes vont remplacer l'absinthe avant que la culture de l'ingrédient phare de la Fée verte reprenne sa place. Produire de l'absinthe reste très émotionnel pour Yves Currit.
« C'est une plante qui fascine, ne serait-ce déjà que par son histoire. »
Quatre agriculteurs regroupés en association
L’Association des cultivateurs d’absinthe est née en 2002. Elle regroupe actuellement quatre personnes qui sont propriétaires de plusieurs machines : planteuse, sarcleuse, séchage. Elle compte aussi une vingtaine de clients, dont 90% au Val-de-Travers. Si la majorité des plantes sont récoltées par les membres de l'Association, la majorité des distillateurs préfèrent le faire eux-même. /sma










