Après des dysfonctionnements et des propos graveleux, le climat semble à nouveau serein dans les bureaux du service. Le Conseil communal a mandaté une analyse de la situation. Il a reçu les conclusions au printemps 2024 et a pris des mesures.
Climat pesant, ambiance pourrie, plaisanteries sexistes, moqueries, propos racistes, laxisme, agressivité, injustice ou manque de communication… Des termes qui définissaient le climat de travail au sein du service loclois de la sécurité publique, avant que le Conseil communal ne commande fin 2023 une analyse de la situation et prennent des mesures.
La rédaction de RTN avait fait part en novembre dernier des dérapages au sein de ce service. Ce lundi, elle a pu prendre connaissance des 22 pages du rapport que l’exécutif de la Mère commune a reçu au mars 2024.
Avant de parler du contenu de ce document, il faut déjà planter le décor. Le service compte quatre agents, des hommes, deux secrétaires, des femmes, et un chef de service qui a pris sa retraite au printemps 2025 et qui a été remplacé par une cheffe.
Sexisme et racisme
À la lecture de l’analyse, on apprend que « le bureau des agents était très bruyant, avec des plaisanteries d’ordre sexuel, des moqueries, des imitations, des cris d’animaux, des échanges de propos racistes et des rires ». Des pratiques qui seraient principalement le fait de deux agents, l’un « perçu comme le leader et l’autre décrit comme un suiveur influencé par son collègue ». Les deux autres riant à certaines plaisanteries, mais peut-être pas toujours de bon cœur, peut-on lire dans le document.
Au sein du poste, les agents fonctionnaient en binômes fixes. L’un critiquant la façon de travailler de l’autre et vice-versa.
Du côté du secrétariat, le rapport décrit une « atmosphère de conflit larvé et figé », les deux employées « limitant leurs échanges au strict minimum ».
Le coordinateur du service lui, prônait « un management participatif », laissant une grande liberté à ses équipes. Une marge de manœuvre jugée trop grande par certains des employés qui regrettaient le manque de recadrage.
Action et réaction
Ce sont deux agents qui ont tiré la sonnette d’alarme. Ils sont allés se plaindre de la situation au service des ressources humaines. Le Conseil communal a décidé de mener une analyse de climat de travail fin 2023, dans le but de poser un diagnostic pour améliorer la situation. Pour y parvenir, il y a eu des avertissements, la fixation d’objectifs à tenir et contrôlés par la supérieure hiérarchique, des ateliers pour améliorer la cohésion de groupe et travailler sur l’ambiance sexuée, des briefings ont également été mis en place et les séances de service, initiées en 2023 et qui se déroulent en présence de la conseillère communale chargée de la sécurité publique, ont été maintenues.
Retour au calme
On notera encore que le service a enregistré deux démissions en fin d’année 2024, un agent et une secrétaire. La nouvelle cheffe qui est entrée en fonction en avril a encore décidé de supprimer les binômes fixes. « Aujourd’hui, ça roule », se réjouit-elle.
Cette analyse du climat de travail aura coûté moins de 10'000 francs, calcule le chef des ressources humaines du Locle. Et Sarah Favre de conclure : « Ça a couté de l’argent qui a été bien investi et nécessaire pour retouper une bonne dynamique. » /cwi









