Une page se tourne pour la papeterie Bourquin. Après un demi-siècle d’existence au centre-ville de Neuchâtel, la boutique de la rue du Seyon va définitivement fermer le 31 juillet. « C’est la seule option qui restait », explique la gérante actuelle, Nathalie Bourquin, au milieu des cahiers, crayons et anciennes machines à écrire.
La petite-fille du fondateur de l’entreprise en 1976, explique avoir pris cette décision pour plusieurs raisons. « Le local était en cours de vente pour pouvoir clore les successions de notre grand-père et de notre père. Il nous fallait un financement concret », commence-t-elle. Il a ensuite été question de chercher un autre endroit en ville pour y déplacer la boutique, mais « quand on voit le coût des locaux en ville, c’est vraiment très, très cher », poursuit Nathalie Bourquin. Enfin, le changement d’habitude des consommateurs représentait aussi un défi : « la clientèle est là, mais les gens vont dans les centres commerciaux. Les places de parc manquent et les commerces ferment. »
Nathalie Bourquin : « Les gens consomment différemment et au final on trouve de moins en moins de diversité en ville. »
Une « vie » dans ces locaux
Durant ses grandes années, la papeterie Bourquin employait plusieurs personnes. « On avait même des livreurs et un représentant », se remémore Nathalie Bourquin. Des souvenirs encore gravés dans la tête de la gérante : « On a grandi dans ces murs. À l’époque on écrivait à la machine à écrire », sourit-elle. « Il y a des gens qui ont connu nos débuts et qui viennent encore. Cette boutique, c’est un peu leur histoire à eux aussi », ajoute Nathalie Bourquin.
« On se rappelle énormément de choses. Le marché a évolué, mais ça ne changera pas tout ce qu’on a écrit jusque-là. »
Une seconde vie en ligne
Le commerce du centre-ville de Neuchâtel fermera définitivement ses portes le 31 juillet. Mais la boutique en ligne de la papeterie Bourquin continuera, elle, d’exister. « C’était ce qui était le plus important pour moi. Que l’histoire Bourquin ne s’arrête pas là », détaille la gérante.
« C’est une partie d’histoire qui se tourne. »
Une seconde vie qui ne remplace pas tout, concède Nathalie Bourquin : « Je suis très attachée à ma clientèle. Il y avait toujours un petit mot, un conseil ou une discussion sur le quotidien. Ça va vraiment me manquer. » conclut-elle. /gjo










