Le Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel vernit ce samedi sa nouvelle exposition consacrée au peintre bernois et à son impact sur l’art suisse. Si beaucoup en ont fait un modèle, d’autres se sont mis en opposition à son style.
Le monde de Ferdinand Hodler à Neuchâtel. Le Musée d’art et d’histoire (MahN) vernit ce samedi sa nouvelle exposition consacrée au peintre bernois. Elle est le fruit de la collaboration entre Laurent Langer, le co-directeur du MahN, Niklaus Manuel Güdel, directeur des Musées de Pully et de l’Institut Ferdinand Hodler et de Philippe Clerc, historien de l’art. C’est la 2e étape de ce grand coup de projecteur sur l’artiste suisse, après une première exposition à Pully. Celle-ci se veut plus grande, par l’espace qui est disponible dans l’institution de Neuchâtel, mais aussi avec plus d’artistes neuchâtelois et trois pièces monumentales d’art contemporain commandées par le Musée. À travers 11 sections et 128 œuvres, on découvre le monde d’Hodler, mais aussi son influence sur d’autres artistes, principalement en Suisse, mais aussi en Europe. « Hodler a été l’artiste suisse le plus connu de son époque non seulement par le succès de ses peintures, mais aussi par sa position au niveau de la politique culturelle suisse », raconte Laurent Langer. « C’est presque évident que de très nombreux artistes se sont tournés vers lui lorsqu’ils étaient en quête d’un modèle », poursuit le co-commissaire de l’exposition.
Laurent Langer : « Hodler a marqué les artistes de son temps. »
Les peintures d’Hodler représentent le monde rural, les montagnes, le lac Léman, des portraits et auto-portraits, et surtout le parallélisme. Un concept qui repose sur l’observation de la structure géométrique de la nature et en particulier sur la symétrie et la répétition.
« Hodler a marqué les artistes de son temps non seulement par les sujets qu’il aborde, mais aussi par la manière de peindre et de composer ses peintures, selon le principe qu’il a nommé lui-même le parallélisme », décrit Laurent Langer.
Un modèle… ou un contre-modèle
La dernière salle de l’exposition, totalement inédite par rapport à celle présentée à Pully ce printemps, présente un contrepoint au monde d’Hodler. « Des artistes, qui auparavant ont pu suivre le modèle d’Holder s’en détachent complètement », précise le codirecteur du MahN.
« Un modèle fonctionne par la manière dont il est suivi, mais aussi dont on s’oppose à lui. »
Cette salle des oppositions s’articule de deux manières. La première étant un nuage de tableaux consacré au groupe du Falot. « C’est un groupe qui se constitue autour des années 1913-1914. Il se constitue vraiment en opposition à Hodler, c’est vraiment leur but », détaille Laurent Langer.
« On le voit très bien dans le type de sujets qu’ils vont aborder et dans leur manière de peindre. »
L’autre partie de cette ultime salle de l’exposition est consacrée exclusivement à deux Neuchâtelois : Louis de Meuron et Théophile Robert. Et fait intéressant, d’autres de leurs œuvres apparaissent dans les salles précédentes, parmi les artistes qui ont pris Hodler comme modèle. « Autour ou juste après les années 10, ils vont délaisser complètement le modèle hodlerien pour s’orienter vers d’autres modèles », raconte Laurent Langer, citant notamment Cézanne ou Matisse.
« Ils vont délaisser complètement le modèle hodlerien. »
Les deux artistes sont donc passés d’un modèle suisse à un modèle français. Une tendance assez courante à l’époque et qui a des raisons historiques. « C’est aussi toute la question de la latinité », précise le codirecteur du Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel. « Les Romands vont s’identifier beaucoup plus à la latinité plutôt qu’à la Suisse en tant que telle. »
« Bien que ce soit un Bernois installé à Genève, Hodler est vu plutôt comme un peintre germanique. »
Modèle ou repoussoir, l’exposition sur Ferdinand Hodler est à voir dès dimanche et jusqu’au 12 octobre au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel. /lgn










