Le professeur Friedrich Stiefel a donné mercredi soir à Neuchâtel, en marge de l’assemblée générale de la Ligue neuchâteloise contre le cancer, une conférence sur les rapports entre les patients et le personnel médical. Le chef du Service de psychiatrie de liaison au CHUV les décrit comme une danse.
La relation soignant-soigné, une danse entre confiance et vigilance. Mercredi soir, en marge de l’assemblée générale de la Ligue neuchâteloise contre le cancer qui s’est tenue à Neuchâtel, le professeur Friedrich Stiefel, chef du Service de psychiatrie de liaison au CHUV, a donné une conférence sur ce thème. Cette relation entre le patient et le personnel médical est très importante. « Elle se caractérise par la confiance. Et la confiance est un contrat moral. Ça veut dire que le patient attend du médecin ou de l’infirmière qu’ils s’engagent pour lui et le protègent. Et donc, ce n’est pas une relation comme une autre. » Friedrich Stiefel la compare à une danse. La réalité du soignant et celle du soigné doivent s’adapter l’une à l’autre. L’adaptation à la maladie ne passe pas seulement par une information technique, mais aussi « dans la relation avec l’expérience des soignants qui accompagnent le patient et lui facilitent la nouvelle réalité dans laquelle il doit vivre. »
Friedrich Stiefel : « Idéalement, il faudrait s’ajuster. »
Cette relation avec le patient est de plus en plus prise en compte par les professionnels de la santé. Friedrich Stiefel donne d’ailleurs des cours aux futurs médecins, spécialement aux oncologues.
« Ce sont des cours très exigeants, pendant trois jours, suivis d’un travail individuel. »
Si beaucoup de progrès sont accomplis, notamment en oncologie, comme ces cours de sensibilisation à la relation avec le patient, le manque de temps est souvent pointé du doigt lors des consultations médicales. « On est quand même dans une phase où dans l’exigence de la rentabilité dicte le rythme qui règne dans un hôpital. Et si on est dans une industrialisation des hôpitaux, l’adaptation à la singularité du patient n’est plus possible. »
Après la conférence, la Ligue neuchâteloise contre le cancer a organisé une table ronde où trois patientes et trois soignantes ont témoigné et ont pu expliquer les réalités qu’elles vivent. /sma










