A l’occasion de la Pride romande de ce samedi à Genève, les associations alertent sur les discriminations des personnes LGBTIQ+ dans le domaine de la santé. Un phénomène difficile à chiffrer dans le canton de Neuchâtel car les personnes concernées se tournent rarement vers les organes étatiques.
Le mois de juin est synonyme de fête et de lutte pour les personnes LGBTIQ+ en Suisse et dans le monde. Officiellement proclamé « mois des fiertés », son événement romand phare est la Pride, organisée ce samedi à Genève. Derrière son ambiance festive, cette manifestation est avant tout l’occasion pour les personnes concernées de militer pour leurs droits et contre les discriminations qu’elles subissent.
Cette année, l’association Geneva Pride revendique notamment un accès aux soins sans discriminations et qui tient compte des besoins spécifiques des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexes et queer.
Une discrimination attestée, mais peu chiffrée
En 2022, le Conseil fédéral avait adopté un rapport qui révélait que les personnes LGBTIQ+ étaient défavorisées en matière de santé. Dans ce document, on peut lire que « les expériences les plus fréquemment rapportées sont celles où les personnes interrogées ne se sont pas senties prises au sérieux ou ont eu le sentiment d’être exclues ou rabaissées ». Les domaines de la santé mentale et sexuelle sont également des causes de souffrances importantes pour les personnes queer, selon le rapport.
Dans le canton de Neuchâtel, l’Office de la politique familiale et de l’égalité (OPFE) ne remarque pour l’instant pas beaucoup de cas rapportés de discriminations dans ce domaine. Mais, selon Alix Renaud, collaboratrice scientifique dans ce service, il y a une explication à cela : « Dans une enquête menée par l’OPFE en 2023 sur la situation des personnes LGBTIQ+ dans le canton de Neuchâtel, un des résultats principaux était que ces personnes ont de la difficulté à trouver du soutien si elles ont été victimes de violences ou de discriminations », explique-t-elle. L’office s’est ainsi rendu compte que ces cas n’étaient presque jamais reportés auprès des institutions étatiques.
Alix Renaud : « L’aide est surtout sollicitée dans un cercle privé ou associatif. »
Impossible donc de chiffrer les discriminations en lien avec la santé psychique, physique ou sexuelle subies par les personnes LGBTIQ+. De manière générale, Alix Renaud évoque le manque de chiffres sur cette question au niveau national et cantonal. Mais le rapport de 2023 sur la situation des personnes LGBTIQ+ dans le canton permet tout de même de tirer quelques conclusions, notamment celle que les personnes non-cisgenres sont proportionnellement plus nombreuses à avoir fait face à des discriminations. « On a une explication hypothétique qui est que la question de l’identité de genre est plus systématiquement évoquée dans le contexte médical que l’orientation sexuelle ou amoureuse », précise Alix Renaud.
« Certaines prestations de soin sont directement liées à l’identité de genre. »
Un message d'espoir
Les thématiques LGBTIQ+ n’ont été que récemment intégrées à l’Etat de Neuchâtel de manière officielle, via la création du poste qu’occupe Alix Renaud aujourd’hui. Si cette dernière a pris ses fonctions en février 2025, elle espère voir des résultats concrets dans un futur relativement proche. « On doit être optimiste, surtout dans le contexte actuel, sinon les choses n’avancent pas », insiste-t-elle.
« Il y a du challenge en face donc il ne faut pas baisser les bras. »
L’OPFE rappelle être un organe de coordination. En cas de besoin, les personnes concernées doivent plutôt se tourner vers les associations actives sur le terrain à Neuchâtel comme Queer Neuch, Refuge-Neuchâtel (qui devient Espace Pluriel) et Générations Sexualités Neuchâtel (GSN).
Le GSN nous rappelle d’ailleurs que dans le cadre de son contrat de prestation avec la santé publique, il est actif dans différents domaines. L’association veille à l’implémentation de campagnes de prévention et de dépistage de maladies sexuellement transmissibles, aux conseils et à l’accompagnement individuel, ainsi qu’à la sensibilisation et la formation des professionnels de la santé. /cde









