L’association lancée dans la création du premier mouvement mécanique suisse en mode open source compte sur un financement participatif pour mettre sur le marché des kits de composants susceptibles d’intéresser petites marques, sous-traitants et passionnés.
L’heure tourne pour openmovement. Initié il y a quinze ans à La Chaux-de-Fonds par l’horloger Roman Winiger, le projet de premier mouvement mécanique suisse réalisé en mode open source passe par un financement participatif pour la fabrication d’une centaine de kits de pièces détachées, a appris Le Temps. Près de 34'000 francs ont été récoltés sur la plateforme Wemakeit et l’objectif à atteindre est de 70'000 francs d’ici le 7 juin (samedi à 17h). Le cas échéant, tous les contributeurs verront leur nom gravé sur une montre qui prendra place au Musée international d’horlogerie (MIH).
Roman Winiger : « Avec ces 70'000 francs, on veut déjà faire la montre destinée au MIH. »
La genèse d’openmovement a pris du temps et le projet est devenu concret en 2021, quand les plans (fichier 3D) du mouvement « OM10 » ont été rendus publics par l’association responsable. Depuis, vingt prototypes ont été fabriqués, financés par des mécènes.
Rendre la fabrication du mouvement mécanique accessible
L’idée d’Openmovement est de rendre la fabrication du mouvement mécanique accessible à des petites marques ou des sous-traitants, voire à des passionnés, qui aujourd’hui dépendent des grands fournisseurs. Attention, les 101 composants différents de « OM10 » ne s’assembleront pas aussi facilement qu’un Lego… « Il faudra vous entourer d’un bon horloger, mais ça peut donner lieu à un projet plutôt intéressant », estime Roman Winiger. Le mouvement en question est conçu pour être fabriqué « de façon artisanale ou industrielle », précise l’horloger d’origine zurichoise. « Si je veux faire un clone d’un mouvement industrialisé, je dois aussi cloner les processus industriels, parce qu’il y a des composants que je ne pourrais pas faire dans mon atelier, alors que j’ai [pourtant] pas mal de machines », explicite Roman Winiger.
« On a fait un mouvement de base qu'on peut fabriquer de façon artisanale ou industrielle. »
Openmovement ne souhaite pas seulement stimuler la créativité des horlogers. L’association espère aussi pouvoir vendre ses kits, à terme « à moins de 500 francs » l’unité si possible. /vco









