Des trésors du passé retrouvés à Corcelles

Ils sont restés masqués derrière des boiseries pendant des siècles. Des décors peints exceptionnels ...
Des trésors du passé retrouvés à Corcelles

Ils sont restés masqués derrière des boiseries pendant des siècles. Des décors peints exceptionnels ont été découverts à Corcelles lors de la transformation d’un bâtiment ancien.

La maison de Corcelles où les décors peints ont été retrouvés. La maison de Corcelles où les décors peints ont été retrouvés.

Des trésors enfouis dans une maison patricienne refont surface à Corcelles. Des décors peints réalisés aux 16e et 17e siècle ont été découverts en fin d’année dernière à la Grand’Rue 31, lors de la transformation du bâtiment. Cette maison était déjà sous protection en raison de sa façade de style Renaissance. Elle abrite aussi des plafonds moulurés. Le tout est extrêmement bien conservé, quand on sait que l’édifice a été construit entre 1565 et 1586 par les descendants de Jean Barillier, issu d’une famille patricienne.

C’est donc dans le cadre du chantier que deux types de décors peints ont été découverts, dont des encadrements de porte de couleur ocre-jaune. Christian de Reynier, archéologue du bâti à l’Office cantonal du patrimoine bâti et immatériel, note la singularité de ces réalisations : « Ça parait anodin, mais au coût du colorant, il faut pouvoir se l’offrir et trouver l’artisan qui les maîtrise ». Quant au style, « c’est vraiment du décor pour le décor », selon lui, et ne revêt pas de valeur symbolique particulière.

Christian de Reynier : « C’est de la décoration pure. »

Certains des décors retrouvés à Corcelles sont très remarquables. Certains des décors retrouvés à Corcelles sont très remarquables.

L’émotion de la découverte

Marie Majeux est architecte à l’Office cantonal du patrimoine bâti et immatériel. Elle était là quand les décors peints ont été découverts et se remémore ses impressions du moment. « Première chose, on se dit : wow, on a bien fait de venir voir ce qui se passait ! » Immédiatement après le frisson de la découverte, cela dit, les négociations avec le maître d’ouvrage commencent, afin de le convaincre de ralentir le calendrier de son chantier au nom de la recherche archéologique.

Marie Majeux : « On se doute que ça peut être important. »

Si ces décors ont été conservés si longtemps, c’est parce qu’ils ont été recouverts derrière des boiseries, la mode des décors peints étant passée entretemps. Christian de Reynier s’émerveille que ces traces permettent de mieux comprendre l’organisation du bâtiment de l’époque.

Christian de Reynier : « Tous les étages ont conservé une partie significative de leurs décors. »

Un travail de détective

La découverte de ces peintures murales a permis d’amorcer une enquête afin de déterminer à quelle époque appartenaient les différents éléments du bâtiment. Christian de Reynier fait partie des experts qui sont capables de comprendre et d’interpréter ce type de traces. « On lit le bâtiment, on va y chercher des informations, exactement comme dans un document écrit ». Il note que la raison pour laquelle on préserve ce genre de vestige, c’est aussi pour les inestimables informations sur notre passé qu’elles recèlent.

Christian de Reynier : « Une construction ancienne, c’est quelque chose qui est en évolution permanente. »

Mais l’enquête a aussi révélé une trouvaille plus insolite : des petits graffitis qui apparaissent çà et là sur les murs du bâtiment. « Aujourd’hui on fait des petits dessins quand on est au téléphone et bien à l’époque on gravait des petites choses dans les murs », explique Christian de Reynier, qui souligne que chaque petite trace peut potentiellement fournir un fragment d’information sur la vie du bâtiment et de ses occupants.

Christian de Reynier : « Ça, c’est toujours précieux. »

Les recherches des spécialistes ont permis d’établir que le bâtiment était à l’origine une gentilhommière formée d’une maison de maître bâtie en 1565. /sbm-jhi


 

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