Adolescence : une mini-série troublante

La mini-série traite des influences toxiques et misogynes auxquelles sont exposés les jeunes ...
Adolescence : une mini-série troublante

La mini-série traite des influences toxiques et misogynes auxquelles sont exposés les jeunes en ligne. Des sujets d’actualité, aussi pour la jeune génération de la région.

La mini-série cumule déjà plus de 66 millions de vues (Image d'illustration). La mini-série cumule déjà plus de 66 millions de vues (Image d'illustration).

Un adolescent de 13 ans qui assassine brutalement une fille de son âge. Ce scénario pourrait être réel, mais cette fois-ci, il s’agit d’une fiction. La série Netflix « Adolescence » cherche à comprendre les raisons d’un acte aussi violent, inhabituel et soudain. Les quatre épisodes, filmés en plan séquence, traitent notamment du danger des influenceurs masculinistes et de la misogynie en ligne. La série est tournée en Angleterre mais la répercussion est mondiale. En deux semaines, elle cumulait déjà 66,3 millions de vues.

Pierre-Alain Basso est animateur socio-culturel à l’Action Jeunesse Régionale, association présente dans la vallée de Tavannes, Tramelan et environs. Il est en contact constant avec la jeune génération. Et en effet, les tendances masculinistes sont aussi présentes dans la région, confirme-t-il. «Cette façon de voir la vie par le biais d’une petite lorgnette, en disant que l’homme est fort et la femme faible, nous on y est confrontés.»


Un drame multifactoriel

L’influence des contenus masculinistes, l’impact des réseaux sociaux, le harcèlement scolaire. Ce qu’Adolescence rappelle, c’est que la violence est le résultat d’un ensemble de facteur. Un avis que partage Pierre-Alain Basso. «Il existe un aspect cumulatif de différentes choses: ce qu’il se passe à la maison, à l’école, dans les clubs, etc. Si cela commence à déconner dans tous les domaines, les jeunes peuvent vite perdre leur repaires et infine, potentiellement déraper.»

Pierre-Alain Basso : «En général, il n’y a jamais qu’une cause pour expliquer un dérapage, quel qu’il soit»

« Adolescence » sensibilise aussi sur le rôle des parents dans le bon développement de leur progéniture. Pour ça, l’animateur socio-culturel a un crédo : la clé réside dans le dialogue. Car pour Pierre-Alain Basso, dès le moment où la communication est rompue, reconstruire la relation devient bien plus complexe. Pour accompagner les jeunes garçons à se défaire de cette manière de penser. «Je ne sais pas si on peut les changer, je pense que c’est plutôt à eux de faire la démarche, mais on essaie au moins de leur montrer d’autres perspectives», poursuit-il.

Pierre-Alain Basso encourage d’ailleurs les parents à regarder la série « Adolescence » avec leurs enfants, ce qui permet d’ouvrir la discussion sur les problématiques abordées. En cas de besoin, il est possible de se tourner vers le service de consultation téléphonique de Pro Juventute au 058 261 61 61.

À noter qu’à des fins de sensibilisation, le premier ministre britannique, Keir Starmer, a annoncé fin mars vouloir diffuser la série « Adolescence » dans toutes les classes des écoles secondaires du Royaume-Uni.

/ehe


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