Le conseiller national neuchâtelois, président de la section chaux-de-fonnière de la Société des sentiers du Doubs, a empoigné le râteau près de Maison Monsieur à la demande de RTN. Il en profite pour envoyer un message aux pouvoirs publics.
« Vous voulez le faire quand, votre reportage ? Cet après-midi ? Alors, rendez-vous à 14h à Maison Monsieur ! » Tout conseiller national et chef d’entreprise très occupé qu’il est, Didier Calame, le président de la section chaux-de-fonnière de la Société des sentiers du Doubs, n’a pas tardé à accepter notre invitation pour un état des lieux de l’entretien des chemins qui bordent la rivière. Parce qu’il descend près du Doubs dès qu’il peut pour s’y « ressourcer ». Mais surtout, en l’occurrence, pour nous faire part de son « inquiétude » pour l’avenir.
Notre reportage
« La nature change, les arbres sèchent, ça nous pose énormément de problèmes logistiques. » Et comme le nombre de bénévoles diminue et qu’ils vieillissent, la section manque de bras pour nettoyer les 35 km de sentiers qui vont des Brenets à Biaufond. « Je suis très inquiet dans la mesure où j’ai de la peine à renouveler mon comité. Je suis président depuis dix ans et j’ai beaucoup de mandats, politiques et privés », avertit Didier Calame.
La première section de la Société des sentiers, créée en 1903 et qui a eu jusqu’à 3'000 membres, ne peut plus compter que sur un millier de cotisants. « On n’aurait pas les moyens de se payer quelqu’un à 30% ou 40%. Mon prochain objectif, c’est de trouver des fonds, publics ou privés, pour engager quelqu’un à 50% ou 60% par année », déclare Didier Calame.
Appel aux pouvoirs publics
La section bénéficie toutefois de solides coups de main de la part des travaux publics chaux-de-fonniers et fait appel à une société privée, Bergwald, qui met à disposition des bûcherons en fin d’apprentissage « une semaine par année ». Mais Didier Calame souhaiterait obtenir davantage de soutien de la collectivité. « En 2023, on a fait 800 heures de bénévolat. Aujourd’hui, on prône la mobilité douce au bord des routes avec les vélos, mais on oublie peut-être un petit peu le tourisme pédestre. Quand je vais me balader sur les crêtes du Jura ou même dans le canton de Vaud, c’est juste le bonheur. Je ne sais pas comment ils font là-bas, mais chez nous, on a besoin d’argent, de monde et que les pouvoirs publics nous soutiennent », lâche-t-il.
Didier Calame : « On a besoin que les pouvoirs publics nous soutiennent. »
En Suisse, les sentiers pédestres sont sous le règne de l’Office fédéral des routes, « qui délègue aux cantons, qui délèguent aux communes », explique le président de la section chaux-de-fonnière. « En tant que bénévoles, on se heurte parfois à la législation quand on souhaite obtenir de l’aide pour de gros travaux. »
« Ce système administratif, ça prend un temps fou et ça me rend fou ! »
« En France, le Conseil général du Doubs a un autre système », ajoute Didier Calame. « Il fonctionne avec des bénévoles, mais aussi des professionnels, payés par le Département. J’aimerais instaurer ça dans le canton de Neuchâtel », annonce le président de la section chaux-de-fonnière de la Société des sentiers du Doubs. /vco









