Le spiral a transformé le cours de l’histoire de l’horlogerie, apportant aux garde-temps précision et transportabilité. Ce petit ressort presque aussi fin qu’un cheveu est au cœur la nouvelle exposition du Musée international d’horlogerie.
Le spiral, c’est le cœur battant d’une montre mécanique. C’est aussi l’élément qui permet d’assurer la précision et la transportabilité d’un garde-temps. Le Musée international d’horlogerie de La Chaux-de-Fonds met ce petit composant à l’honneur dans son exposition temporaire « L’innovation en mouvement. 350 ans du spiral ».
En 1675, la revue « Journal des Sçavans » publie pour la première fois le dessin du spiral réglant de Christiaan Huygens et décrit son fonctionnement. Ce petit ressort, presque aussi fin qu’un cheveu et couché sur le papier par le savant hollandais, va transformer le cours de l’histoire de l’horlogerie et peut-être même du monde. Embarquée dans un navire, une horloge équipée de ce spiral offre aux navigateurs une précision jusqu’alors jamais atteinte.
« C’est une évolution plutôt qu’une révolution », explique le conservateur du MIH, Régis Huguenin. « Le principe d’avoir un oscillateur dans une horloge existe depuis bien avant. Le défi, c’est de le rendre portable. Le spiral va jouer ce rôle dans une montre, dans une pendule transportable. »
Régis Huguenin, conservateur du MIH : « Si vous pouvez transporter une montre en mer, vous arrivez à vous situer du point de vue de la longitude. »
À l’époque de Christiaan Huygens, dans les Montagnes neuchâteloises, on ne s’occupe pas vraiment de recherche. Mais une fois le spiral dévoilé aux yeux du monde, l’innovation va entrer dans une course effrénée. L’occasion pour la Suisse de se tailler « la part du lion » avec « tous les développements qui sont faits par l’intermédiaire des recherches de Charles Édouard Guillaume sur les métaux ». Ce prix Nobel de physique, né à Fleurier en 1861, invente des alliages comme l’Invar et l’Élinvar, des « métaux qui avait des propriétés d’insensibilité aux changements de températures et de magnétisme ». De quoi rendre le « spiral le plus précis possible, dans toutes les circonstances ». L’innovation ne s’arrête pas là. Au 21e siècle, l’amélioration de la performance du spiral continue, grâce à l’utilisation de nouveaux matériaux comme le silicium.
« Il y a beaucoup d’innovation et de renouvellement dans ce domaine-là. »
Dans son exposition « L’innovation en mouvement. 350 ans du spiral », le MIH propose un panorama historique des innovations apportées au spiral, du 17e siècle à nos jours.
« On a quelque chose qui a été créé il y a 350 ans, qui existe toujours pratiquement sous la même forme, aujourd’hui. »
L’exposition proposée par le Musée international d’horlogerie s’articule autour d’un seul petit élément parmi les centaines qui peuvent composer une montre. Un petit ressort qui permet également d’aborder d’autres thématiques comme l’industrialisation ou le travail féminin.
« On a une approche vraiment didactique, chronologique. »
« L’innovation en mouvement. 350 ans du spiral », proposée en collaboration avec la fondation néerlandaise Stichting Haegsche Tijd, est à découvrir jusqu’au 22 juin, au Musée international d’horlogerie à La Chaux-de-Fonds. /cwi









