Des travaux de sécurisation autour de la cascade de Môtiers. Dans l’ensemble du secteur, une centaine d’arbres est en train d’être abattue par les gardes forestiers de la Commune de Val-de-Travers. Il s’agit surtout de sécuriser le coin, propice aux balades et au passage de touristes. « Ces arbres ont connu des sécheresses à répétition, certains ont été attaqués par le bostryche », détaille Claude-André Montandon, garde forestier à Val-de-Travers. Il a fallu intervenir plus tôt que prévu afin de garantir la sécurité dans le secteur. L’année passée, le bostryche a déjà touché trois hectares de forêt à Môtiers, à quelques centaines de mètres de la cascade. « Mais c’était localisé dans une ancienne plantation des années 1900. Dès qu’on arrive dans la forêt beaucoup plus mélangée, composée de sapins et de feuillus, ces pullulations de bostryches s’arrêtent. »
Claude-André Montandon : « Une fois que ces arbres malades ont été enlevés, on se rend compte qu’on a quand même encore une forêt. Elle est différente, mais elle est bien là. »
Cette situation est aussi l'une des conséquences directes du réchauffement climatique : « Il y a davantage d’arbres malades », explique Claude-André Montandon. « C’est là qu’on voit une transformation de la forêt », précise encore le garde forestier. Cela passe par une phase d’observation des arbres, afin « d’accompagner les jeunes arbres » pour les prochaines années. « Le secret, c’est le mélange et l’étagement. C’est le principe de la forêt jardinée que l’on cultive à Val-de-Travers depuis 1881 », rappelle Claude-André Montandon. Une manière aussi de renforcer la forêt et de contenir les problèmes de manière localisée.
« L’épicéa aura complètement disparu à certains endroits dans quelques années. Et on favorise déjà plus de feuillus : de l’orme, du tilleul, de l’érable champêtre… »
Ce changement n’inquiète pas trop le garde forestier du Val-de-Travers, même s’il avoue que son métier a beaucoup évolué ces dernières années. Il s’agit maintenant de s’adapter aux maladies et aux événements qui perturbent le fonctionnement de la forêt.
« Pour la forêt à grande échelle, je ne suis pas très inquiet. »
Reste que le bois coupé en raison de maladie ne peut pas toujours être valorisé. Au début d’une épidémie de bostryche, il est parfois possible de « sauver » les premiers mètres de l’arbre. Mais « sitôt qu’il est attaqué en surface, le bois prend une couleur bleue, et cela le dévalorise énormément », détaille Claude-André Montandon. Pourtant sa qualité reste la même, on peut continuer d'en faire de la charpente, des planches ou des carrelets.
« On essaie actuellement de dire que les valeurs technologiques du bois ne sont pas changées, malgré le bostryche. »
Quant au bois dévalorisé, il reste la possibilité de l’utiliser dans les chauffages à distance, par exemple à Couvet pour la Commune de Val-de-Travers. Comme cela, « rien n’est perdu », conclut Claude-André Montandon. /swe










