Une histoire d’amour entre une fille de négociant loclois et un fils d’horloger chaux-de-fonnier. Voici, en quelques mots, l’histoire racontée dans « André le Graveur ». Cette œuvre de Louis Favre, publiée en volume en 1874, fait l’objet d’une exposition aux moulins souterrains du Col-des-Roches, au Locle, du 16 février au 16 novembre.
L’auteur, né à Boudry en 1822 est notamment le fondateur du Musée neuchâtelois. Il a également été instituteur au Locle et à La Chaux-de-Fonds, faisant de lui un représentant majeur de la vie culturelle neuchâteloise de son temps.
À mi-chemin entre la fiction et la réalité, Louis Favre propose de découvrir les mœurs et coutumes des Montagnes neuchâteloises de l’époque, qu’il trouve trop mises de côté par les historiens.
Pour Caroline Calame, le manque d’intérêt pour les faits du quotidien par les historiens est « un manque des études historiques qui va durer longtemps ». Elle ajoute également que pour l’époque, il était étonnant de s’intéresser aux gens et aux coutumes, d’où la singularité de l’ouvrage de Louis Favre.
Caroline Calame : « Pendant longtemps, l’histoire s’est intéressée aux grands personnages »
À mi-chemin entre réalité et fiction
Ce qui fait « André le Graveur », c’est également la proximité entre les personnages représentés dans le roman, et les personnages qui ont réellement existé. Louis Favre, va d’ailleurs reprendre certaines de ses propres histoires personnelles. Caroline Calame le souligne, « il arrive très bien à lier des personnages authentiques, qu’il a connus, avec des personnages de fiction ».
« Cette anecdote, il la met exactement dans l’œuvre »
Confronter l’œuvre et l’histoire « C’est vrai que ces anecdotes, comme celle autour de l’incendie du Locle en 1844, on la cite souvent, mais tout à coup on peut se demander, est-ce que c’est vraiment historique ou est-ce qu’il a inventé quelque chose ? » Comme le raconte Caroline Calame ici, confronter le roman de Louis Favre aux archives factuelles, c’est essayer de creuser plus loin dans la représentation qu’on se fait des Montagnes neuchâteloises au 19e siècle. Mais, après avoir vérifié la véracité des propos du botaniste boudrysan, la conservatrice peut l’affirmer « Louis Favre a tout juste, il n’invente rien. »
« Ça n’a pas été forcément facile de trouver une preuve historique de leur réalité »
« André le Graveur », va prochainement faire l’objet d’une réédition par la Nouvelle Revue neuchâteloise. /Ecr










