Prévenu dans l'affaire des bulletins falsifiés, l'ex-vice-président de l’administration de la société coopérative Migros Neuchâtel Fribourg (MNF), Philippe Menoud, a été blanchi par la justice. Le Ministère public neuchâtelois a classé la procédure à son encontre.
"Je suis soulagé après cet acharnement. C'était lourd à assumer", a confié Philippe Menoud samedi à Keystone-ATS, confirmant une information parue dans La Liberté. "Ce n'est toutefois qu'un demi-soulagement, car je suis étonné que le procureur général n'ait pas également classé la procédure contre le président Piller", a ajouté le Fribourgeois.
M. Menoud était prévenu de "faux dans les titres" tout comme l'ex-président de l'administration de MNF, Damien Piller. Six autres personnes étaient également prévenues dans le cadre de cette procédure. Ils faisaient partie du comité de soutien des administrateurs, M. Ethique.
Dans la décision de justice, datée du 13 novembre dernier et que Keystone-ATS a pu consulter, le procureur général du canton de Neuchâtel, Pierre Aubert, a ainsi prononcé "le classement pour insuffisance de charges de la procédure pénale" ouverte contre Philippe Menoud. "(...) Aucun élément concret n'a été trouvé contre M. Menoud", indique ce document.
Indemnité pour tort moral
Les six autres prévenus ont également été blanchis dans le cadre de cette ordonnance de classement. Comme il ne s'agissait pas de personnalités publiques, leurs noms n'avaient pas été divulgués.
En revanche, "la notoriété de Philippe Menoud dans son canton était suffisante pour que la presse l'ait cité nommément comme étant impliqué dans cette affaire, ce qui justifie en soi une indemnité pour tort moral", relève le Ministère public. Le Fribourgeois obtient donc une compensation d'un montant de 2000 francs.
La procédure à l'encontre de Damien Piller se poursuit. Cette dernière a été disjointe de la procédure ouverte contre les sept autres prévenus en juillet 2024. M. Piller nie toute implication dans l'affaire des bulletins falsifiés.
Bourrage des urnes
Pour rappel, l'affaire avait éclaté après la votation organisée auprès des 120'000 coopérateurs de MNF en novembre 2019. Ces derniers étaient appelés à voter ou non la révocation de l'administration présidée par Damien Piller, promoteur actif dans l'immobilier et les médias. A la surprise générale, 64,5% des votants lui avaient renouvelé leur confiance.
Mais il était rapidement apparu que les urnes avaient été bourrées de bulletins falsifiés. Au final, le vrai résultat était largement en défaveur de l'homme d'affaires. /ATS









