Deux lauréats ont été récompensés par le prix interculturel neuchâtelois « Salut l’étranger » jeudi. Le Centre portugais de Neuchâtel et Carmen Diaz Pumarejo étaient à l’honneur de cette trentième remise.
« Nous célébrons aujourd’hui l’anniversaire d’une noble initiative. » C’est par ces mots que Gregory Jaquet, chef du Service de la cohésion multiculturelle de l’État de Neuchâtel, a ouvert la 30e édition du prix interculturel « Salut l’étranger ». Le Centre portugais de Neuchâtel et Carmen Diaz Pumarejo ont reçu leur distinction jeudi matin au Musée des Beaux-Arts à La Chaux-de-Fonds des mains de la conseillère d’État en charge du Département de la cohésion sociale Florence Nater.
La communauté portugaise à l’honneur
Le Centre portugais s’est vu remettre un chèque de 5'000 francs. Cette structure qui existe depuis 1972 est devenue un lieu d’accueil, d’échange et d’information accessible autant à la communauté portugaise, qu’à d’autres résidents neuchâtelois. « Ce centre a été créé il y a plus de 50 ans pour servir de refuge aux Portugais en quête de liberté et fuyant la dictature de Salazar », a expliqué le représentant du Centre Delfin Rodrigues, lors de l’acceptation du prix. Arrivé en Suisse à l’âge de 13 ans, il a expliqué avoir trouvé dans ce centre un lieu pour se ressourcer. « Aujourd’hui, le centre portugais a évolué afin de servir de pont entre les communautés étrangères et le canton de Neuchâtel », a-t-il terminé.
Ce choix a fait l’unanimité au sein du jury. « C’était pour nous une opportunité d’honorer la communauté portugaise », a expliqué Brigitte Leitenberg, présidente du jury. Cette communauté étrangère est la plus importante en nombre du canton de Neuchâtel. « On souhaitait saluer le travail et l’engagement de longue date de ce centre qui existe depuis plus de 50 ans »
Pour sa part Carmen Diaz Pumarejo a reçu la somme de 2'000 francs. Originaire de Colombie, elle s’est parfaitement intégrée en Suisse, en s’engageant notamment auprès de la Croix-Rouge et du Club Alpin suisse. Élue conseillère générale à Peseux, elle a joué un rôle significatif dans l’organisation de la Journée Multiculturelle de Neuchâtel. « Chaque étape de ma vie a été une occasion d’apprendre », a-t-elle expliqué. Et d’ajouter que la meilleure des intégrations est celle qui ne fait pas perdre son identité.
Trente ans au service de la cohésion sociale
Le Canton de Neuchâtel récompense chaque année depuis 1995 des institutions ou des personnes qui œuvrent pour l’intégration des populations étrangères. Tous les lauréats des précédentes éditions ont été conviés à cette cérémonie et une bonne partie a fait acte de présence. L'occasion pour la présidente du jury du prix « Salut l’étranger » Brigitte Leitenberg de rappeler son importance.
Brigitte Leitenberg : « Il y a eu plus de 639 candidature en 30 ans. »
« Un prix plus que significatif »
Cela fait donc 30 ans que Neuchâtel œuvre pour l’engagement de ces particuliers et de ces associations. « Cependant, aujourd’hui des défis demeurent », a relativisé Grégory Jaquet en charge du service de la cohésion multiculturelle de l’État de Neuchâtel. Alors que la population étrangère atteint un taux d’environ 30% dans le canton, les autorités ont profité de cette cérémonie pour alerter face à la tendance aux replis sur soi qui « est plus fort que jamais », selon Grégory Jaquet.
Brigitte Leitenberg : « La place des personnes d'origine étrangère est indispensable. »
La cérémonie s’est achevée par la remise officielle des prix au Centre portugais de Neuchâtel et à Carmen Diaz Pumarejo de la main de la conseillère d’État en charge de la cohésion sociale Florence Nater. Elle a félicité les deux lauréats qu’elle a qualifiés de « boussole guidant vers une société plus juste ». /crb









