Une panne d’éclairage a révélé qu’une intervention lourde était nécessaire au chemin des Abbesses à Auvernier. Le Conseil général de Milvignes a accepté un crédit surprise de 2,6 millions de francs. Les travaux promettent d’être délicats.
Une petite panne d’éclairage qui débouche sur une grosse dépense pour Milvignes. La Commune fait face à une dépense qui n’était pas envisagée au budget 2024. Elle va devoir mener des travaux d’assainissement sur les infrastructures souterraines au chemin des Abbesses à Auvernier, une voie étroite qui serpente au milieu des vignes, bordée de quelques villas. Comme le rapporte Littoral Région, lors de sa séance du 14 novembre, le Conseil général a accepté à une très large majorité un crédit de 2,63 millions de francs. Sans avoir réellement le choix.
Dans cette affaire, tout a commencé par un dysfonctionnement imprévu survenu il y a près d’une année. Nous sommes le 18 décembre 2023 : l’éclairage public du quartier tombe en panne. Peu de temps après, c’est le réseau électrique qui cesse de fonctionner à son tour. Malchance supplémentaire : ces infrastructures sont vieilles de plusieurs décennies et les plans sont introuvables. Il n’y a donc pas le choix : il faut ouvrir la chaussée et intervenir de manière lourde. Dans l’intervalle, une solution provisoire est mise en place pour assurer l’approvisionnement électrique du quartier, avec des lignes aériennes, mais légalement, celle-ci ne peut pas se prolonger au-delà d’une année.
Pour la conseillère communale en charge des travaux publics, Roxane Kurowiak, ce cas illustre bien la situation dans laquelle se trouvent de nombreuses communes du canton de Neuchâtel et d’ailleurs. « On a des parties du réseau électrique qui sont obsolètes et qui menacent à tout moment de tomber en panne ». Les autorités ne sont donc pas surprises qu’un tel incident survienne au chemin des Abbesses, mais elles espéraient que cette partie du réseau tienne un peu plus longtemps, afin de pouvoir intervenir ailleurs. « On a priorisé d’autres quartiers plus densément peuplés, donc où il y avait plus d’impact en cas de panne », explique l’élue de l’exécutif.
Roxane Kurowiak : « On n’a pas des finances illimitées et on doit choisir les priorités. »
Ce qui complique encore les choses, c’est le lieu de l’intervention. Le chemin des Abesses traverse les vignes. Il est étriqué et bordé de murs de vignes qui bénéficient d’un statut protégé. La voie est si étroite qu’il y a « certaines catégories de voitures qui ne peuvent pas l’emprunter », explique Roxane Kurowiak. Naturellement, il en va de même des camions et des engins de chantier. Une donnée de base qui va augmenter la facture de l’intervention.
« Ces murs doivent rester en place. C’est historique et ça fait partie des vignes et de l’histoire du village. »
Les fouilles au chemin des Abbesses permettent de moderniser ce segment du réseau électrique communal. Les travaux publics peuvent également en profiter pour moderniser le réseau d’eau potable et l’évacuation des eaux, tous les deux jugés « vétustes » dans le rapport soumis au Conseil général. Swisscom pourrait également saisir l’occasion de procéder à des adaptations de ses installations.
Le chantier doit durer environ une année. Pendant les travaux, les habitants du quartier auront toujours accès à leur logement à pied. Lors de certaines phases, ils seront obligés d’aller parquer leur véhicule ailleurs. Quant au calendrier, il va dépendre du vote du Conseil général sur le budget 2025, prévu lors de la séance du 12 décembre. /jhi









